La jalousie

LA JALOUSIE

Chacun de nous a connu ce sentiment que l'on appelle la jalousie. Il s'agit d'un sentiment de dépit mêlé d'envie, dû à ce qu'un autre obtient ou possède ce que l'on aurait voulu obtenir ou posséder.

Ne dit-on pas que quiconque réussit suscite la jalousie des médiocres.

DÉSIRE DE POSSÉDER L'AUTRE OU CE QU'IL A

La jalousie est un sentiment d'inquiétude susceptible d'aboutir à un véritable tourment, des douleurs de la part de quelqu'un qui éprouve le désir de posséder de manière exclusive envers une personne désirée et craignant éventuellement une infidélité, une trahison. Ce sentiment de dépit mêlé d'envie, est le résultat de ce qu'un autre obtient ou ce que l'on aurait voulu obtenir ou détenir.

 

La jalousie est le plus souvent le résultat, parfois imaginaire, de la crainte que l'être aimé choisisse et préfère quelqu'un d'autre. Généralement la jalousie va de pair avec la frustration, la passion, la colère et bien entendu une angoisse accompagnée de douleurs et de souffrance.

S'il existe un sentiment naturel d'avoir peur de perdre l'autre ou d'être abandonné au profit d'une autre personne, il est possible de se questionner sur la valeur du sentiment amoureux par rapport à la notion de jalousie et s'il est possible de distinguer les deux concepts.

Comme l'écrivait Cervantès la jalousie est le tyran du royaume de l'amour.

LES TROIS FORMES DE JALOUSIE

La jalousie peut éventuellement provenir de la notion de propriété sans toutefois confondre le besoin de dominer l'autre et d'avoir une ascendance sur le partenaire. Dans ce cas la jalousie serait éventuellement le reflet de la disposition de l'autre à propos duquel on ne supporterait pas le partage.

D'après une étude canadienne la jalousie se situerait aux deuxième rang des difficultés les plus importantes parmi 37 situations conjugales. Certains spécialistes en psychologie estiment qu'il existe trois formes de jalousie :

 

  • La jalousie existentielle qui semblerait être bénéfique à celui qui souffre de jalousie. En effet, il serait souhaitable que le jaloux se serve de son expérience afin de mieux se connaître, ce qui lui permettrait au final de développer sa propre personnalité.
  • La jalousie névrotique qui elle fonctionne selon un processus compulsif au cours duquel le jaloux ne peut s'empêcher d'être jaloux. La jalousie névrotique se caractérise essentiellement par une obsession au cours de laquelle le jaloux pense sans cesse mais n'est pas pour autant violent.
  • La jalousie psychotique représente quant à elle une véritable pathologie, au sens maladif du terme, et surviendrait chez certains individus de type paranoïaque. La jalousie psychotique se caractérise par une méfiance, une certaine susceptibilités et un orgueil. Au cours de la jalousie psychotique le jaloux est susceptible de devenir violent via un harcèlement constant. Autrement dit la jalousie pathologique est une forme de paranoïa exacerbée par un partenaire facilement culpabilisé ayant la caractéristique de manquer de confiance en lui et cherchant à se justifier. Ce type de morbidité est susceptible d'évoluer vers un développement de la jalousie de manière chronique.

LA JALOUSIE D'APRÈS FREUD

Selon Freud à côté de la jalousie habituelle, le psychanalyste identifie une jalousie pathologique qui devient une passion dangereuse teintée de sentiment d'abandon, aboutissant à plus ou moins long terme, à un état de despotisme mêlant amour et haine chez l'autre.

 

Pour Freud il existerait trois formes de jalousie dont la complexité serait croissante.

En premier la jalousie concurrentielle serait ressentie après avoir été trompé par le ou la partenaire sexuelle entre autres. L'état affectif de la personne trompée est alors teinté d'humiliation, de douleur, d'angoisse, de blessure narcissique, de frustrations, et surtout d'hostilité envers l'autre c'est-à-dire le rival. Il s'agit d'une forme de jalousie généralement fréquente qui ne pourra être « digérée » que par un travail de deuil jusqu'à obtention, quand c'est possible, d'un équilibre psychologique : la guérison mentale. Bien entendu ceci passe par l'acceptation (avec éventuellement une référence au pardon) qu'il est impossible pour certains à cause d'une attention négative sur celui qui devient le concurrent, le rival alors qu'il était l'être aimé avec lequel parfois on avait fusionné. La thérapie réussie passe par l'aveu, la reconnaissance de ne pas avoir su se poser les bonnes questions, adopter les bonnes attitudes avant et après la relation, de manière à pouvoir reconstruire d'éventuelles fondations saines en vue d'un rétablissement futur. La reconstruction d'une autre histoire d'amour passe donc par la méditation, le mûrissement et l'assimilation de l'épisode douloureux.

La deuxième forme de jalousie est la jalousie projetée, particulièrement fréquente et se caractérisant par le soupçon que le jaloux porte sur l'autre étant lui-même infidèle ou ayant des instincts, des tendances, des pulsions d'infidélité qu'il réprime, qu'il n'accepte pas, qu'il refoule.

La jalousie délirante est, d'après Freud, la troisième forme de jalousie correspondant à une tentative intense pour se défendre contre une sorte d'homosexualité refoulée (cas du président Schreber en 1911). Cette forme de jalousie délirante serait attachée au complexe d'Oedipe et relèverait d'un état psychopathologique sévère pouvant aller jusqu'à la paranoïa.


L'EXEMPLE DU MARI JALOUX

Un des exemples les plus courants de jalousie est celui du mari jaloux. Celui-ci imagine facilement que sa femme est l'objet du regard des autres ou que celle-ci se trouve dans les bras d'un autre homme, voire d'une autre femme.

 

Le mari jaloux épie chaque geste, chaque fait et exacerbe sa curiosité vis-à-vis de son épouse, sa compagne, en fouillant ses affaires entre autres, en la suivant etc.
Il s'agit d'une situation particulièrement courante au cours de laquelle la jalousie consiste à imaginer des situations, des relations, des comportements de l'être aimé avec d'autres personnes.
En réalité il s'agit d'une forme d'angoisse. Autrement dit tout ce que le jaloux attribue à l'autre n'est que projection d'un propre désir inconscient. Ainsi le mari jaloux souffre de désir inconscient d'infidélité. Il s'agit de désir qui entrent dans un processus pulsionnel inconscient qui est le plus souvent insupportable.
Se déroule alors le phénomène suivant. Si le mari jaloux a conscience cette pulsion, apparaît alors une angoisse d'un traumatisme très intense. Pour le mari jaloux qui refuse cette angoisse la solution choisie est celle de la projection. En effet, le mari jaloux projette alors ses propres désirs inconscients sur l'autre et au final tout ce qu'il attribue à l'autre est le reflet d'une pulsion propre à lui-même.
Le plus souvent le mari jaloux n'admet pas ce phénomène de projection ce qui aboutit à un conflit à l'intérieur du couple dont la solution ne peut venir que d'une démarche thérapeutique venant en aide aux couple. L'essentiel des questions que le mari jaloux doit se poser est :

  • Ai-je besoin d'être jaloux, suivi du pourquoi ai-je ces désirs que j'attribue à l'autre. Normalement ce cheminement intellectuel doit permettre d'améliorer le rapport avec sa conjointe, venant éclaircir les relations que les deux composants du couple ont entre eux. Le dialogue permettra en théorie de comprendre et d'accepter éventuellement la crise qu'il faut souhaiter passagère, à condition que chaque élément du couple participe objectivement à la recherche de la vérité.

L'évolution ne se fait malheureusement pas toujours dans le sens de l'obtention d'une solution, et quelquefois le mari jaloux devient dangereux se renfermant alors dans une jalousie pathologique que nous évoquons plus loin. Celle-ci est le plus souvent récurrente et violente amenant alors à une consultation d'office sans quoi le couple ne possède plus d'avenir.

QUEL TYPE DE TRAITEMENT PEUT-ON PROPOSER?

Il ne s'agit pas, en l'occurence bien entendu, de proposer un traitement médicamenteux mais plutôt une approche thérapeutique par le biais d'un psychologue voire d'un sexologue.

 

La thérapie de couple semble, à première vue, être l'élément essentiel susceptible de venir solutionner ce type de pathologie. En réalité elle nécessite quelques aménagements comme celui d'éviter entre autres de mettre un thérapeute du sexe opposé au conjoint du jaloux.

Une thérapie personnalisée devrait en théorie apporter de meilleurs résultats. En effet, celle-ci a pour but de faire comprendre, plus précisément de faire poser les bonnes questions au mari jaloux afin qu'il puisse trouver au fond de lui, à l'intérieur de son âme, les réponses à ses questions.

Encore faut-il que celui-ci ait le courage de consulter, d'écouter puis de comprendre l'intérêt qu'il a à se poser les bonnes questions et non pas les questions susceptibles uniquement de le soulager sans apporter de solution.

Pour cela le choix du thérapeute est essentiel. Faut-il s'adresser plutôt à un psychothérapeute, un psychologue clinicien, un psychanalyste encore un psychiatre, voire un sexologue. C'est la première question que doit se poser le mari jaloux recherchant une aide réelle.

Le choix du thérapeute et dépendant directement de la personnalité du mari jaloux. Celui-ci risque d'être confronté rapidement à une personne ne lui convenant pas, nécessitant alors de pousser les recherches jusqu'à trouver une personne aidante adaptée à sa situation conflictuelle et à sa personnalité.

La relation entre le thérapeute c'est-à-dire l'aidant et le patient c'est-à-dire l'aidé est particulière, devant convenir à l'un et à l'autre pour atteindre un maximum d'efficacité en termes de consultation puis de résultat.

Une fois le thérapeute choisi, il est nécessaire de le garder pour avancer avec productivité au cours des consultations qui se suivent et qui deviennent complémentaires les unes des autres.

Chaque cas est particulier bien entendu et il est impossible de décrire un type même de traitement pour les maris jaloux. Généralement le mari jaloux finit par se séparer de son épouse (elles sont le plus souvent nombreuse et successives). Un jour pourtant l'une d'entre elles prend conscience de la souffrance de son mari et l'amène à accepter de suivre une psychothérapie pour se soigner de cette jalousie maladive. Ceci se fait généralement par amour, permettant ainsi la compréhension d'un grand nombre d'éléments concrets de la vie quotidienne et surtout de la personnalité du mari jaloux. En réalité ce que l'on retrouve le plus fréquemment est le désespoir du père du mari jaloux trompé par une mère et l'impression d'une femme ressemblant à la maman du mari jaloux.

Le nombre des consultations et leur durée est impossible à prévoir. Néanmoins il est possible d'avancer que celles-ci sont relativement nombreuses afin d'aboutir à une conclusion heureuse et aux possibilités pour le mari jaloux d'être enfin bien dans son couple.


QUEL COMPORTEMENT OU ATTITUDE FAUT-IL ADOPTER, CONFRONTÉ A UN MARI JALOUX

La souffrance du mari jaloux retentit sur son entourage et bien entendu avant tout sur son conjoint mais aussi ses enfants, aboutissant généralement un véritable cauchemar conjugal et familial.

 

Quotidiennement l'attitude du mari jaloux est particulièrement difficile à vivre et à supporter.

Il ne faut surtout pas abonder (soutenir la même opinion que lui et la justifier par des arguments supplémentaires) dans le sens du mari jaloux en tentant de le séduire, ou a contrario de le provoquer.

Les allusions, l'humour ainsi que le discours à double sens ne fera que jeter de l'huile sur le feu, aboutissant à une exacerbation (exagération, intensification) de l'état pathologique du mari jaloux.

Au contraire il est préférable de rassurer celui-ci en lui faisant comprendre que l'amour et consécutivement la confiance peuvent revenir à condition d'accepter de se remettre en question et de se poser les bonnes questions.

Une des attitudes typiques du mari jaloux est de tenter d'aliéner la liberté de son partenaire en l'emprisonnant afin de la contrôler.

La tolérance, la confiance, la sérénité et l'épanouissement de soi sont les buts à atteindre. Répétons-le, le plus souvent, la thérapie aidante, de type psychologique (par le biais de la verbalisation) est la seule issue pour amener un mari jaloux à comprendre sa situation conflictuelle avec lui-même.

La communication souhaitable dans le couple, est malheureusement le plus souvent insuffisante d'où l'intérêt d'une consultation de type psychologique. Néanmoins il ne faut jamais baisser les bras, se décourager et continuer à dialoguer avec l'autre afin de tenter de rendre la vie enfin acceptable et heureuse.

Quand le mari jaloux refuse de s'ouvrir à la réalité des faits, à la compréhension des problèmes inhérents à son comportement, il n'existe pas d'autre issue que la séparation, de manière à mettre un terme à la souffrance de chacun des composants du couple voire de la famille.

Le terme de verbalisation utilisé dans ce textever est le fait d'exprimer ou de s'exprimer par le langage. On parle de verbalisation d'une sensation, d'un sentiment.

 

 

الصلاة و السلام عليك يا رسول الله

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