Le dossier du jour d'InfoSoir consacré à Tablat

    Le dossier du jour Edition du 3/9/2009


                               Tablat réapprend à vivre
        Par Madjid Dahoumane

                                  Atouts : La beauté sauvage de Tablat et la diversité de ses paysages frappent les visiteurs qui viennent pour la première fois dans la région.

             Tablat est l'une des plus anciennes et des plus connues des daïras de la wilaya de Médéa. Fondée en 1876 par des colons français sur des terrains accidentés difficiles d'accès, cette ville est située sur le versant sud de l'Atlas tellien.
Elle est située à 65 km au sud-est d'Alger, et à 120 km à l'est du chef-lieu de la wilaya de Médéa, dans un endroit stratégique entre deux wilayas, à savoir Bouira à l'est et Blida à l'ouest. La daïra est composée de quatre communes : Tablat, Mezghana, les Deux-Bassins et El-Aïssaouiya. Selon les dernières statistiques, la daïra compte 50 000 habitants, dont 28 000 dans la seule commune de Tablat. «Tablat» est un mot kabyle qui signifie «caillou» ou «pierre».
Selon certaines interprétations, cette appellation tire son origine de la nature du sol de la région caractérisé par l'existence de roches. Tablat est connue pour sa production d'ail, d'amandes, d'huile d'olive ainsi que de poulets et d'œufs. L'élevage de volailles est favorisé par la proximité d'Alger qui offre un débouché assuré et rémunérateur pour les œufs et la viande blanche.
Son climat est pluvieux et frais en hiver et sec et chaud en été. Tablat est au centre d'un ensemble de djebels, en partie boisés, avec des pins d'Alep, des frênes le long de la route, et du chêne vert.
Les cultures les plus répandues sont celles de l'amandier, du figuier et de l'olivier, mais la place manque pour de larges emblavures, vu que Tablat est située dans une région montagneuse, et les labours efficaces ne sont guère faciles avec toutes ces pierres enfouies à faible profondeur.
Ainsi, le travail de la terre sert, dans la plupart des cas, à subvenir aux besoins des familles de la région. Les vallées sont profondément encaissées, mais ne forment pas des gorges étroites. Il y a de la place pour quelques champs de blé ou d'orge. L'extrémité sud de la commune déborde sur la riche plaine des Aribs. On y trouve le hameau des frênes et les exploitations les plus riches. Tablat est ainsi située au fond d'une vallée où la place manque pour s'étaler, à 446 m d'altitude, légèrement au-dessus de la vallée de l'Isser qui réunit les points les plus bas de la commune à un peu plus de 300 m.
Ces montagnes, peu élevées, 1 298 m au maximum, ont été largement déboisées par les populations dont les mechtas sont nombreuses et proches les unes des autres.
Deux oueds traversent la région de Tablat, oued el-Had à l'est qui rejoint l'oued Isser et oued El-Seklawa, à l'ouest.
Cette région a connu un exode massif de ses habitants lors de la décennie noire. La multiplication des actions terroristes dans la région avait alors poussé un grand nombre d'habitants de Tablat à quitter leurs maisons pour se réfugier à Alger, Blida et Bouira.

        


 

                   Une ville chantier

        Infrastructures : Pour désengorger la ville et améliorer les conditions de vie des habitants, les autorités locales ont lancé un vaste programme de réalisation de différentes infrastructures.

    La daïra de Tablat a lancé de nombreux chantiers dans le cadre du développement local. Ainsi, elle est devenue, depuis quelques années, un véritable chantier. Des projets de réalisation de logements, stades, espaces de détente pour enfants, bibliothèque, marché ainsi que d'autres infrastructures d'utilité publique poussent comme des champignons aux quatre coins de Tablat. Parmi les autres perspectives de développement local à Tablat, figure la réalisation d'un nouveau pôle urbain, qui est actuellement en cours de réalisation. Ce nouveau pôle a pour but de désengorger la petite ville de Tablat qui n'arrive plus à contenir l'important nombre d'habitants.
Ce pôle s'inscrit dans le cadre du développement de la daïra. Situé du côté sud-est de la commune de Tablat, ce pôle offrira un grand nombre de postes d'emploi aux Tablatis qui pourront ainsi travailler chez eux. En outre, il améliorera les conditions de vie des habitants en leur offrant de nouvelles infrastructures destinées aux domaines économique, social et culturel. Parmi les infrastructures en cours de réalisation, figure un nouveau lycée qui s'ajoutera aux deux existant déjà. Un grand stade communal dont les travaux sont en phase finale, une piscine, une bibliothèque communale, une maison de jeunes (elle sera réceptionnée incessamment) et d'autres infrastructures.
La réalisation de logement est une priorité à Tablat, vu que ce problème se pose avec acuité depuis des années dans la région. Ainsi, le secteur de l'habitat se taille la part du lion dans ce nouveau pôle. La wilaya a octroyé une importante enveloppe budgétaire pour réaliser ce projet.
Toutefois, ce projet est confronté également au manque d'assiettes foncières, ainsi les autorités locales doivent exploiter la moindre parcelle de terre pour mener à terme ce projet. «Nous avons un grand déficit en logement à cause du manque d'assiettes foncières à Tablat, ainsi nous avons essayé d'acquérir quelques poches de terre par l'achat ou par l'exploitation de quelques parcelles de terre appartenant au domaine pour réaliser des logements», a indiqué le président de l'Apc M. Fatah Djeghdali. Toutefois, les citoyens de la région ne facilitent pas la tâche aux autorités locales. En effet, plusieurs tablatis ont construit des bâtisses anarchiques, entravant ainsi l'achèvement de certaines structures contenues dans le nouveau pôle urbain de Tablat. S'agissant du réaménagement des anciennes infrastructures qui se trouvent dans la ville de Tablat telle la réfection des routes et trottoirs et autres infrastructures de base, la commune de Tablat a consacré une enveloppe budgétaire de 16 milliards de centimes pour réaliser ces travaux. Dans ce contexte, la commune de Tablat a dernièrement revêtu les différentes artères de la ville d'asphalte.
S'agissant du réseau d'eau potable et d'assainissement, le président de l'APC a indiqué que ces réseaux sont vétustes, en plus de cela la commune n'a pas leur plan, ce qui rend la mission de réfection très difficile. Pour mettre fin à ce casse-tête, la commune de tablat bénéficiera l'année prochaine de deux plans directeurs pour mettre en place un réseau pour l'eau potable et un autre pour l'assainissement.

M. D.

 

                


 

                           L'exode forcé


       Le terrorisme a fait des ravages pendant les années 1990 dans cette région isolée. En effet, plusieurs infrastructures, notamment des biens de l'Etat, ont été détruites par les groupes terroristes activant dans la région. Ainsi, plusieurs citoyens ont été privés de travail et ont été poussés à fuir la terreur vers des endroits plus sûrs. C'est ainsi qu'a commencé le phénomène de l'exode rural qui a vidé plusieurs villages en l'espace de quelques années seulement. Par ailleurs, la RN8 reliant Tablat à Larbaâ connue pour ses interminables virages était pendant plusieurs années un véritable coupe-gorge. Les hordes criminelles dressaient leurs faux barrages à la nuit tombante. Ainsi plusieurs militaires et citoyens ont été froidement assassinés sur ces hauteurs.

M. D.

          


 

                           chacun son gagne-pain


       L'absence d'un pôle industriel et le manque d'investissements dans la région qui absorberaient le chômage, ont favorisé l'augmentation du taux de chômage à Tablat.
Le chômage pousse ainsi de nombreux citoyens de la région à être vendeurs saisonniers sur les axes routiers menant à Tablat.
Ainsi, pour subvenir à leurs besoins, de nombreux citoyens de la région, notamment les jeunes, construisent des étals de fortune de part et d'autre de la Route nationale n° 8 reliant la région de Tablat dans la wilaya de Médéa à la wilaya de Blida, pour vendre des produits agricoles, artisanaux et animaliers de la région. Ainsi, des fruits frais, tels que amandes, poires, raisins, figues, pastèques et melons sont exposés avec beaucoup de soins et d'esthétique sous l'ombrage de ces «huttes» en pleine nature. D'autres produits tels que l'ail en particulier, l'huile d'olive, les poulets et les œufs sont également exposés. Les prix proposés par ces «commerçants» sont généralement abordables, bien que variant d'un commerçant à un autre.
Quelques vendeurs proposent même du miel de la région connu pour son excellente qualité et ses valeurs nutritives, des produits artisanaux tels que des paniers en osier, des chapeaux de paille ou encore de la poterie sont également proposés à la vente.
Les autorités locales encouragent depuis quelques années les différentes activités commerciales, seul moyen pour lutter contre l'augmentation du taux de chômage.
Dans cette optique, le président de l'APC de Tablat a indiqué que sa commune a ouvert depuis quelques semaines un nouveau marché hebdomadaire qui permettrait à des dizaines de jeunes de travailler à Tablat.
Ainsi ce marché créera des postes d'emploi et procurera des recettes supplémentaires à la commune.
D'autres, par ailleurs, ont été obligés à chercher un emploi dans les wilayas limitrophes, particulièrement à Blida et Alger. «Un très grand nombre de Tablatis travaillent dans la Mitidja ou à Alger», a relevé le P/A

                                                           

 

 


 

 

 Fatah Djeghdali* à InfoSoir

«Nous voulons sortir de l'isolement»

 InfoSoir : Pouvez-vous nous présenter la région de Tablat ?

 F. Djeghdali : Tablat est parmi les plus anciennes communes de Médéa et même d'Algérie. sa création par les Français remonte à 1876. En 1962, elle faisait partie du département d'Alger. Les habitants de Tablat sont actifs et passifs en même temps. Actifs, vu qu'ils veulent améliorer leurs conditions de vie par le travail et la participation dans le développement local de la région. Passifs, car ce sont des gens pacifistes qui aspirent vivre en paix, après les années de terrorisme qui ont secoué la région.

 

Quelles sont les perspectives de développement local de la région ?

 La région de Tablat est située dans un endroit stratégique. Nous voulons promouvoir la vie des citoyens et améliorer leurs conditions de vie par la construction de nouvelles infrastructures, notamment des logements. En outre, nous voulons faire sortir cette région de son isolement. Ainsi nous souhaitons que l'axe autoroutier, qui devrait passer dans la région, soit réalisé du côté est de Tablat et non du côté ouest parce que la daïra de Tablat a d'importantes assiettes foncières du côté est et notre nouveau pôle urbain est situé du côté est de la ville. Au cas où cet axe passerait du côté est, c'est tout Tablat qui se développerait rapidement et sortirait ainsi de son isolement.

 

Y a-t-il à Tablat des perspectives de création d'emplois ?

 

Tablat ne dispose pas de pôle industriel pour absorber le chômage. Elle ne dispose pas non plus de terres agricoles pour permettre à nos jeunes de travailler. Par conséquent, un grand nombre d'habitants de la région travaillent dans d'autres wilayas, telles que Alger, Bouira et Blida. La Mitidja toute seule emploie des dizaines de nos jeunes dans le secteur agricole. Toutefois, le secteur du bâtiment et des travaux publics offre un important nombre d'emplois au niveau des différents chantiers dans la région.

 

Qu'a fait l'Apc pour régler le problème de l'eau ?

 

Tablat connaît des difficultés en matière d'approvisionnement en eau potable d'un côté, et la mauvaise qualité de l'eau disponible de l'autre. Vu la rareté de cette ressource vitale, nous avons décidé d'alimenter les habitants 1 jour/2 en hiver et 1 jour/3 en été. Nous serons alimentés dans quelques mois du barrage de Taksebt-Ousardoune situé à Bouira, ainsi nous espérons que nous réglerons définitivement ce problème dans quelques mois.

 

Quels sont les obstacles et les manques qui entravent le développement de la région ?

 

Tablat est située dans une région montagneuse qui ne dispose pas d'assiettes foncières pour réaliser de nouvelles infrastructures, notamment les logements, par conséquent nous sommes obligés d'exploiter le moindre espace libre. Ainsi, nous avons recouru dans de nombreux cas à exploiter même les espaces entre les bâtiments pour réaliser certaines infrastructures. Ce problème de foncier empêche le développement urbain de la ville et les extensions du réseau routier, logements et autres infrastructures. En outre, Tablat, n'a pas de terres agricoles pour développer cette activité vitale. Les petites parcelles existantes sont exploitées pour cultiver quelques espèces de légumes et fruits destinées à la consommation familiale.

 

M. D.

 

*Président de l'Assemblée populaire communale de Tablat

الصلاة و السلام عليك يا رسول الله

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