Djamila /les tps des sarments

Bonjour,

 ...   Je vous disais que l'ouvrage " Djamila ou le temps des sarments ", au delà de l'hommage rendu à la femme algérienne vise à faire découvrir aux lecteurs, ou redécouvcrir, l'un des plus beaux terroirs de l'Algérie à l'époque coloniale : La Mitidja dans toute sa splendeur ; et bien sûr Tablat, comme l'Arbaâ, Sidi-Moussa ou Baraki tiennent tour à tour leur rôle à la fois à travers les personnages mais aussi face à l'occupant. Je vous laisse découvrir l'article.
Bien des choses.
Cordiales salutations. Djillali Hadjebi

 


Cet article de presse  consacré au nouveau roman de Hadjil intitulé"Djamila ou le temps des sarments" a été republié afin de le faire partager avec l'ensemble des visiteuses et visiteurs de ce site.Vous trouverez,en bas de cet article, un résumé de ce roman ainsi que la biographie de Hadjil, auteur de cet autre roman  intitulé"Chronique des déracinés de la Mitidja"et dont l'histoire avait pour cadre spatio temporel Tablat et Larbâa.

 


 

 Nouvelle parution «Djamila ou le temps des sarments» de Djillali Hadjebi (Hadjil)par O. B.

« Djamila ou le temps des sarments », le nouveau roman publié aux Éditions EDILIVRE à Paris en février 2010 par Hadjebi Djillali constitue une œuvre originale dans le paysage littéraire algérien. Il s'agit là d'un récit qui sort des sentiers battus de la violence vécue comme fatalité. Même si le cadre demeure empli de tourments, il est décrit comme source de vitalité par un retour sur soi, aux origines du terroir et de la personnalité algérienne. Ecrit avec une touchante sensibilité, le nouveau roman de Djillali Hadjebi nous entraîne dans l'univers des senteurs d'antan, des humeurs sauvages et naturelles de l'Algérie profonde, dans les paysages panachés de ce beau pays, mêlant toute la palette des riches contrées de l'Algérie.

 

Djillali Hadjebi nous invite à vivre et revivre un des plus beaux terroirs de l'Algérie, la Mitidja, sa Mitidja à lui, où il naquit et vécut son enfance à travers un récit qui voyage en flash back dans les années cinquante du siècle dernier… jusqu'aux évènements d'octobre 88 et la rupture des illusions. Cette invitation au voyage, c'est aussi le parcours de deux personnalités ardentes, qui évoluent au milieu de la colonisation, sur ces terres fertiles de la plaine la plus prospère d'Algérie, côtoyant la misère de l'exploitation et les exactions coloniales. On y retrouve le casque du colon, indus propriétaire ; et la chéchia du khammès, dépossédé et survivant dans un univers d'opulence pour l'un et le regard affamé de l'autre.

Rédigé dans une langue simple et naturelle, au style champêtre et poétique, l'ouvrage de Djillali Hadjebi nous emporte, sans difficulté, par petites touches sensibles, à travers les évènements heureux et malheureux de cette époque.
Peignant ces vies d'hommes et de femmes, témoins du passage brutal d'une société rurale dans l'opulente Mitidja, vers l'urbanité desséchée des faubourgs d'Alger et leur misère sociale qui explosera en ces tragiques journées d'octobre 88.

Ce roman comporte, dans sa deuxième partie, une sorte d'énigme qui paraît présenter une ambigüité quant à la compréhension de l'histoire.

Comme si «Djamila» se présentait sous la forme d'un roman dans le roman. Au risque de se retrouver quelque peu désorienté à la lecture de ce qui paraît comme une deuxième partie. Pris et subjugué par toute la première partie du texte, on se sent piégé par la seconde dans la mesure où c'est à une toute autre thématique qu'on est renvoyé.

Sans aller à dire qu'il y a comme un malaise, on reste perplexe malgré tout. Pourtant, la lecture se fait toujours au même niveau, sauf que la symbolique de la Mitidja s'érige à travers la passion d'une femme qui se confond avec le destin et l'amour de son pays. Car, bien que la plupart des chapitres de la deuxième partie du roman participent autant à une meilleure découverte de la grande plaine algéroise, du monde rural, qu'à suivre l'évolution des deux héroïnes ; le lecteur est effectivement dérouté par l'intrusion inattendue de Jala. Amazone des temps modernes, cette ‘féministe' à la passion aussi grande que généreuse, aussi faconde que la Mitidja au printemps, montre une personnalité qui tranche avec celle de Djamila, jeune militante socialiste pleine d'idéalisme,passionnée de littérature et de cinéma.

Pourtant dès le premier chapitre, et l'accident de voiture, c'est bien de Jala qu'il s'agit, ou de Djamila adulte, car il ne s'agit, en réalité, que d'une seule et même personne. Jala étant le diminutif de Djamila, comme Houra celui de Houria sa sœur cadette. Le choix délibéré de cette approche dans le récit a pour résultat de faire l'impasse sur la métamorphose que subit Djamila une fois adulte comme du reste des pans entiers de la société algérienne à partir d'une certaine époque. C'est aussi la caractéristique de l'Algérie.

A travers Djamila, c'est ainsi un vibrant hommage qui est rendu à toutes ces femmes, paysannes et citadines, intellectuelles et ouvrières, d'hier et d'aujourd'hui, qui malgré des fortunes diverses,ont su représenter dignement la femme algérienne.

On comprend enfin que ce roman est dédié à l'une de ces femmes-là. Et c'est là le moindre de ses mérites.
« Djamila ou le temps des sarments», un roman qui se laisse lire comme une intimité à découvrir dans l'espace de ;vie au féminin.

Un féminin qui évolue dans une société balayée par des tempêtes, mais qui reste fidèle à ses traditions d'honneur,de bravoure et d'amour.

                          

«Djamila ou le temps des sarments», Djillali Hadjebi. Editions EDILIVRE APARIS, 2010. 196 pages.

          Article paru dans le quotidien d'Oran du 05.06.2010


 

Résumé du roman "Djamila" de Djillali Hadjebi ( Hadjil)

 De l'Algérie coloniale des années cinquante aux émeutes des jeunes d'octobre 1988, ce roman retrace les vies parallèles de Djamila et de Jala, qui suivent à plus d'une décennie de distance le même itinéraire tumultueux fait de sacrifices, de déchirements, de larmes et de révoltes, depuis qu'elles se sont efforcées de briser leurs liens traditionnels et de s'émanciper. D'une guerre qui ne dit pas son nom à une indépendance où le vent de la liberté s'accompagne des rêves les plus fous, des misérables hameaux implantés à la limite des immenses domaines coloniaux de la Mitidja aux grandes cités-dortoirs qui ceinturent Alger aujourd'hui, de la classe unique à l'université, les parcours de ces deux jeunes femmes se poursuivent, se rattrapent, se chevauchent, s'entremêlent et finissent par se confondre.
Djamila, cette jeune militante socialiste pleine d'idéalisme, passionnée de littérature et de cinéma, serait-elle comme Jala cette amazone des temps modernes, cette « féministe » à la passion aussi grande que généreuse, aussi faconde que la Mitidja au printemps ? Dans un pays en perpétuel mouvement, qui ne finit pas de se construire, de s'interroger et de se découvrir, ces deux femmes cherchent aussi leur voie, posent les jalons de leur futur. Mais en réalité, ne sont-elles pas simplement l'une à la poursuite de l'autre ?


Biographie de l'auteur

Djillali Hadjebi est né à Baraki, un village typiquement colonial situé au cœur de la Mitidja, Il a déjà publié sous le pseudonyme de D. Hadjil Le bombardement de Sakiet-Sidi-Youcef, un essai d'écriture cinématographique, et Chronique des déracinés de la Mitidja.
Djamil
a (ou le temps des sarments...) constitue son premier roman au sens littéraire du terme et se veut un profond hommage à la grande plaine algéroise, dans toute sa dimension et toute sa diversité. Un récit qui se fait fort d'être à la hauteur de l'histoire, des évènements, des personnages et de leur passion

 

 

 

 

 


Commentaires (1)

1. nasreddine 10/06/2010

Tablat (Médéa), Dans les méandres du passé, Si la ville m’était contée
Quand on arrive à Tablat au printemps, en descendant l’oued el Had qui rejoint l’oued Isser un peu plus bas, ce qui se remarque, c’est la verdure due à un climat pluvieux et froid l’hiver.
L’origine du nom est berbère Tablat est un mot qui, en kabyle, peut désigner une quelconque caillasse, pierre ou caillou. Quand on arrive à Tablat au printemps, en descendant l’oued el Had qui rejoint l’oued Isser un peu plus bas, ce qui se remarque c’est la verdure due à un climat pluvieux et froid l’hiver. Après 1830, les tribus de ces montagnes étaient, par nous, qualifiées de Kabyles. Ce sont elles qui harcelaient nos postes proches de la Mitidja dès 1835 et qui nous obligèrent même, en 1839, à tous les évacuer, sauf Fondouk. L’origine du centre est française. C’est une création française ex nihilo dans un site difficile d’accès et peu susceptible d’assurer la prospérité des colons attirés là par la IIIe république. En 1876, il y a eu la création d’un centre de peuplement européen. D’autre part, Tablat est implanté au fond d’une vallée étroite où se rejoignent deux oueds. Avant les Français, Tablat n’existe pas en tant que centre de peuplement, c’était un lieu-dit dans un fond de vallée inondable. Les mechtas étaient, comme aujourd’hui, situées sur les hauteurs déboisées ou à mi-versant, mais toujours à l’écart des lits d’oued, de leurs débordements et des mares à moustiques. Le colonel Niox, dans sa géographie militaire publiée en 1890 signalait cependant, l’existence jadis d’un poste romain, sans donner son nom latin. En 1876, Tablat est créé et en 1879, le lieu dit devient le chef-lieu d’une vaste commune mixte. En 1954, cette commune mixte avait 85 395 habitants dispersés sur un vaste territoire sans grandes ressources. Entre 1879 et 1956, l’histoire de la commune n’a laissé aucune trace précise dans les ouvrages et les articles à l’exception du séisme de 1910 qui fit quelques dégâts. Elle a néanmoins laissé le souvenir d’une zone montagneuse pauvre qui ne pouvait nourrir tous ses habitants. Ces montagnards ont très tôt quitté leur mechta, au moment des gros travaux agricoles, pour trouver de l’embauche comme travailleurs saisonniers dans les fermes des colons de la Mitidja ou du Sahel. Des habitudes, sinon des liens, s’étaient créées entre des familles de la région de Tablat et des exploitants européens. Ce sont les mêmes ouvriers, leurs frères ou leurs fils qui revenaient chaque année pour les vendanges ou pour les moissons dans la même exploitation. Après 1930, certains sont venus avec leurs femmes et ne sont plus repartis, modifiant alors fondamentalement la population des villages français proches d’Alger. Le 24 février 1956, la route de Tablat devient maudite. En effet, l’intérêt mineur de cette route explique qu’elle n’ait pas bénéficié du même traitement sécuritaire que la RN 1 dans les gorges de la Chiffa, équipées de postes d’observation placés dans des fortins gardés et sans porte au niveau du sol. Le trafic civil vers Sour El Ghozlane et Bou-Saâda fut détourné par Bouira ; les quelques rares véhicules qui montaient à Tablat également. Le responsable de ce massacre, un dénommé Ali Khodja, sergent déserteur de l’arsenal d’Alger, fut plus tard abattu par les paras de Bigeard. Le 9 avril 2005, à ce même col des deux-bassins jamais débaptisé sur nos cartes, 14 personnes ont été égorgées à un faux barrage tenu par un commando du GIA. On peut noter que, d’une façon générale, tant en 1954-1962 qu’en 1991-2008 cette zone de l’Atlas tellien, entre Palestro et Médéa, avec Tablat au milieu, fut la région la plus concernée par les attentats, les embuscades et les tueries. Le 22 juin 1956, Tablat devient chef-lieu d’arrondissement du département de Médéa. Je suppose que le sous-préfet a dû rejoindre son poste en hélicoptère. Peut-être avec le chef de la nouvelle SAS installée au même endroit. Le 17 mars 1958 Tablat et son arrondissement sont rattachés au nouveau département de Sour El Ghozlane qui est créé aux dépens de celui de Médéa. Le 2 novembre 1959, Tablat et son arrondissement sont à nouveau rattachés à Médéa, le département d’Aumale ayant été supprimé sans avoir jamais eu de réalité à cause de la chute de la IVe république après les manifestations du 13 mai 1958 à Alger.
Par : Hamid Sahnoun info soir 29 septembre 2009

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