Cheïkh Bouamama

                              CHEIKH BOUAMAMA

Mohamed Ben Larbi Ben Brahim, dit Cheikh Bouamama, a été affublé de ce surnom toute sa vie durant parce qu'il portait un turban (âmama) sur la tête, semblable en cela à tous les Arabes.
Issu de la famille des Ouled Sidi Taj, treizième fils que le premier aïeul de la famille a eu de sa seconde épouse de Figuig, il est connu comme descendant de la branche des Ouled Sidi Cheikh de la région Ouest.
Bouamama naquit probablement entre 1838 et 1840 à Ksar El Hammam el-Foukani, dans la région ouest de Figuig.
Durant cette phase difficile de l'histoire d'Algérie, sa famille fut obligée de s'exiler, de quitter le pays pour s'établir en territoire marocain.Cela coïncida en outre avec la signature du traité de Lalla Maghnia en 1845 entre les autorités françaises et le sultan marocain Abderrahmane.
Son père, Cheikh Larbi ben El Horma, qui pratiquait le commerce des burnous et des bijoux entre la région de Figuig et El Mekrar et-tahtani , mourut en 1876 dans cette région.
Spirituellement, Cheikh Bouamama était un adepte de la confrérie Tayyebya, venue du Maroc. Traversant les frontières, elle arriva dans l'ouest de l'Algérie et étendit très rapidement son influence. Par ailleurs, son affiliation à la confrérie Tayyebya, ne l'empêcha nullement d'être influencée par la confrérie Senoussia en raison de la parenté existant entre celle-ci et la tribu des Ouled Sidi Cheikh, originaire également de l'Ouest Algérien.
Cheikh Bouamama put fonder sa propre zaouia dans la région d'El Mekrar el-Tahtani, ce qui accrut sa popularité et augmenta le nombre de ses disciples et adeptes dans les régions sahariennes.
La résistance de Cheikh Bouamama dura plus de vingt trois ans au point qu'il fut appelé l'Emir Abdelkader 2ème. Il fut connu par ses capacités exceptionnelles à affronter les forces d'occupation qui ne réussirent guère à mettre un terme à son activité malgré toutes leurs tentatives politiques et militaires, jusqu'à son décès le 17 octobre 1908 à Oujda au Maroc.

1- Introduction 

A l'instar des autres régions d'Algérie, l'Ouest oranais a souffert des affres du colonialisme français à travers sa politique basée sur l'entretien de la discorde parmi les Algériens, rôle dévolu aux bureaux arabes chargés de semer la zizanie et entretenir les rivalités entre les tribus et entre les grandes familles et à créer la discorde entre elles afin de pouvoir agir à leur guise. Ce fut le cas entre la branche des ghraba (ceux de l'ouest) à laquelle appartenait Cheikh Bouamama et la branche des chraga (ceux de l'est), ses cousins germains. Mais Cheikh Bouamama ayant saisi les intentions du colonialisme français, avait proclamé la lutte pour débarrasser le pays et ses habitants du joug de l'occupation française. Son combat durera jusqu'en 1908
 
2- Les conditions préliminaires à la résistance de Cheikh Bouamama
 
Tout observateur attentif de l'histoire de la région du sud oranais constatera que depuis la résistance des Ouled Sidi Cheikh, la région disposait d'une autonomie relative dans la gestion de ses affaires internes. La raison en est la très faible concentration de colons dans la région et même l'armée française ne disposait que d'un seul poste à Labiod Sidi Cheikh – fraction des chraga. Toutefois, après avoir livré contre elle d'âpres batailles, la famille des Ouled Sidi Cheikh s'est dispersée. Certains de ses membres furent contraints à l'exil au Maroc alors que pour d'autres, ce fut l'exode vers les régions de l'extrême sud où ils  s'établirent dans la région de Goléa.
Il faut noter que la trêve observée par les habitants de la région dans la résistance qu'ils avaient déclenchée en 1864 ne dura pas très longtemps. En effet, la branche des ghraba des Ouled Sidi Cheikh émergea sur la scène à travers la résistance menée par Cheikh Si Mâamar ibn cheikh Tayeb, chef de la branche des ghraba contre  l'ennemi dans la région, à partir du mois d'avril 1875. Toutefois, ce dernier fut contraint de se retirer et fut assigné à résidence.
Mais aussitôt achevée la période allant de 1878 à 1880, une autre personnalité combattante de la même branche émergea, à savoir Cheikh Bouamama qui hissa l'étendard de la lutte contre le colonialisme français et s'opposa à son expansion dans les régions sahariennes.

 
3- Les causes de la résistance du Cheikh Bouamama
 
Il suffirait de dire que le refus de l'occupation française par le peuple algérien constitue le facteur le plus important ayant poussé Cheikh Bouamama à préparer et organiser l'action révolutionnaire contre l'ennemi dans l'ouest oranais. Mais il existe sans aucun doute également un ensemble de raisons ayant contribué pour une grande part à accélérer le déclenchement de la révolte parmi lesquelles :
a- Les causes directes
 L'assassinat le 22 Avril 1881 d'un officier français, le lieutenant Wayne Bruner qui occupait le poste de chef du bureau arabe de la région d'El Bayadh , ainsi que quatre de ses gardes parmi les spahis, lors de ses vaines tentatives de mettre un terme à l'activité du Cheikh Bouamama peut être considéré comme étant la cause principale dans le déclenchement de l'affrontement entre ce dernier et l'administration coloniale française.
b- Les causes indirectes
De par son statut d'homme de religion et chef de zaouia, Cheikh Bouamama a été imprégné de l'idée de la lutte sainte contre les colonisateurs chrétiens conquérants. A cela s'ajoute le fait que les idées réformistes parvenues jusqu'aux régions avoisinantes eurent une influence directe sur le Cheikh.  On notera particulièrement l'appel de Djamel Eddine El Afghani et du Sultan Abdul Hamid II à la mise en place d'une alliance islamique dans le cadre du khalifat islamique en tant que base de changement de la situation des musulmans et en vue de chasser les colonisateurs. De telles idées avaient atteint le Maghreb Arabe par le biais des voyageurs venant de l'Orient Arabe. A cela, s'ajoute le rôle joué par les prédicateurs de la tariqa (la voie) senoussya dans la sensibilisation des populations des régions du Sahara contre la pénétration du colonialisme, ce qui n'a pas manqué de laisser une empreinte profonde sur l'état d'esprit de Cheikh Bouamama. Ce furent là des facteurs suffisants pour inciter Cheikh Bouamama à entreprendre son action militante contre le colonialisme français dans sa région.
c-  Causes économiques:
La dégradation de la situation économique dans la région du sud oranais a contribué à l'embrasement de la lutte et au déclenchement de la résistance, surtout après la propagation de la famine qui avait décimé les populations et causé la perte de tous leurs biens, sans oublier la misère engendrée par la politique inique menée par  l'administration française, notamment l'interdiction faite à certaines tribus de se déplacer entre 1879 et 1881, en particulier celles d'Aflou, El Bayadh ainsi que les tribus nomades des monts du Ksour, provoquant ainsi un mécontentement sérieux. Cette interdiction avait entraîné la mort d'une grande partie du cheptel, le pourcentage de  pertes ayant atteint pour la seule région d'Aflou environ 80% , soit trois cents bêtes dont 37% pour l'année 1879-1880 et 43% pour l'année 1880-1881.
Il y eut d'autre part la volonté manifestée par les autorités françaises d'établir un poste militaire d'observation à Ksar Tiout après l'échec de la délégation officielle dans l'étude du projet d'extension de la voie ferrée à travers le Sahara, du sud ouest vers le département d'Oran en 1879

 
4- Les étapes de la résistance
 
a- Première étape
 Cheikh Bouamama ne déclara la lutte contre le colonialisme français, dans la région du sud oranais qu'après avoir préparé toutes les tribus sahariennes par le biais des disciples de la confrérie répartis à travers la région notamment les tribus des Trafi, des Rézaynia , d'El ahrar, Frenda et Tiaret. Cette propagande trouva un large écho auprès des tribus de Ammour, Hamiane et Chaamba. En un laps de temps très court, Cheikh Bouamama avait réussi à rassembler environ deux mille trois cents soldats entre cavaliers et fantassins. Le premier affrontement militaire entre Cheikh Bouamama et les troupes françaises eut lieu le 27 Avril 1881 au lieu dit Sfisifa au sud de Aïn Sefra, et s'acheva par la défaite de l'armée française et la mort au champ d'honneur de certains hommes de Cheikh Bouamama parmi lesquels le chef des Maâlif et le chef des Rézaynia.
Compte tenu de la gravité de la situation, les autorités françaises s'empressèrent d'envoyer des renforts supplémentaires vers la région afin de réprimer la révolte et la liquider. Les renforts envoyés à la région étaient composés de :
-  Deux bataillons dirigés par le caïd Kaddour ould Adda
-  Le bataillon de Tiaret dirigé par El Hadj Kaddour al Sahraoui
-  Une caravane de deux mille cinq cents chameliers accompagnés de six cents algériens.
Ces troupes étaient commandées par le Général Colineau D'Annecy, commandant du secteur militaire de Mascara.
Le deuxième affrontement militaire entre Algériens et Français eut lieu le 19 mai 1881 au lieu dit El Mouilek, situé près de Ksar Chellala dans les monts Ksours. Il y eut de violents combats dont Cheikh Bouamama sortit victorieux malgré la supériorité de l’ennemi sur le plan matériel et humain.
Selon les rapports des Français eux-mêmes, cette bataille a occasionné des pertes pour les deux parties, celles des Français étant estimées à soixante tués et vingt deux blessés.
Après cette bataille,  Cheikh Bouamama demeura maître de la situation. Il se dirigea vers Labiod Sidi Cheikh ; ce qui aida les insurgés au cours de cette période à couper les fils du télégraphe reliant Frenda à El Bayadh et à attaquer les centres de la société franco-algérienne des alliés, tuant de nombreux employés espagnols de cette société, ce qui amena les autorités françaises à prendre certaines mesures pour protéger leurs intérêts, notamment en rassemblant quatre colonnes fortes aux points suivants :
- La compagnie de Ras El Ma confiée au Colonel Janine
- La compagnie Békhither sous le commandement du colonel Zouini
- La compagnie de Tiaret confiée au Colonel Brounoussiart
- La compagnie d’El Bayadh dirigée par le colonel Tadieu puis par le colonel Négrier
 Afin de faire face aux victoires répétées enregistrées par Cheikh Bouamama, les autorités françaises engagèrent des mouvements rapides consistant à envoyer ses troupes vers le sud ouest en vue d’encercler l’insurrection et la liquider, pour ensuite se propager dans la région et étendre son influence sur tous les ksours de l’ouest oranais.
Le colonel Négrier fut chargé de punir les tribus ayant participé à l’insurrection avec Cheikh Bouamama et il commença par raser le mausolée de Sidi Cheikh situé à El Bayadh Sidi Cheikh. Cela fut suivi par les massacres terribles commis par l’armée d’occupation à l’encontre des populations isolées des plaines et collines dans la région d’El Bayadh, pour se venger de leur participation à l’insurrection. Les mêmes crimes furent commis à l’encontre es populations de Chellala dahrania (située à l’ouest). A Labiod Sidi Cheikh, des actes horribles furent commis par le bourreau Négrier le 15 août 1881 qui fit bombarder le mausolée de Sidi Cheikh et profana sa tombe, ce qui constitue une véritable atteinte aux valeurs spirituelles du peuple algérien et à ses us et coutumes.
Entre septembre et octobre 1881, les troupes françaises commandées par le général Coligneau et le général Louis furent attaquées par les moudjahidine près de Aïn Sefra et il y eut plusieurs tués et blessés de part et d’autre.
Par ailleurs, le général Louis fit détruire les deux ksours que possédait Cheikh Bouamama, à savoir le ksar supérieur de Meghrar et le ksar inférieur de Meghrar . De même que fut détruite la zaouia de Cheikh Bouamama et que furent tués bon nombre d’habitants isolés.
Parmi les faits notables intervenus au cours de cette période, il y eut le ralliement de Cheikh Si Slimane Benhamza, chef des Ouled Sidi Cheikh el ghraba (ceux de l’ouest) à la révolte de Bouamama, à la tête de trois cents cavaliers. Il se dirigea avec ses troupes vers le nord ouest de Ain Sefra et de là vers la région des Bekakra afin de faire pression sur les tribus inféodées au colonialisme français.
Compte tenu de l’accroissement numérique des troupes coloniales auxquelles des renforts affluaient de toutes les régions, la pression s’accrut sur Cheikh Bouamama qui fut contraint de se retirer en direction de la région de Figuig au Maroc, où son activité diminua et ses partisans se dispersèrent.
Certains parmi eux rejoignirent Si Kaddour Benhamza , chef des Ouled Sidi Cheikh chraga (ceux de l’est), tandis que d’autres rejoignirent les rangs de Cheikh Si Slimane Benhamza , chef des Ouled Sidi Cheikh el ghraba (ceux de l’ouest) ; le reste des combattants s’établit à Figuig et ses environs.
Le 16 Avril 1882, les troupes d’occupation pourchassèrent Cheikh Bouamama sur le sol marocain mais il réagit par une attaque violente sur le chott de Tighri qui occasionna à l’ennemi des pertes humaines considérables, le contraignant à se replier.
Cette défaite eut un impact considérable dans les milieux militaires français et accrut la ténacité et la résistance des insurgés, démontrant ainsi une fois de plus leur supériorité sur les troupes françaises.
b- Deuxième étape
Au cours de cette étape , la résistance de Cheikh Bouamama fut caractérisée par un calme relatif après qu’il se fut établi dans son village natal, el Hammam el fougani, à Figuig où il était arrivé en juillet 1883, afin d’entreprendre la réorganisation de ses troupes pour l’avenir.
Inquiètes de cette activité intense, les autorités coloniales s’empressèrent d’adresser un télégramme signé par le Général Soucié, chef du 19ème bataillon, au gouvernement de Paris, l’appelant à exercer des pressions sur le Sultan du Maroc afin qu’il chasse Cheikh Bouamama du territoire marocain car il constitue un danger pour les intérêts de la France dans la région.
Ceci amena Cheik Bouamama à quitter la région vers la fin de l’année 1883 pour se réfugier dans le Touat et demander la protection des habitants de l’oasis de Deldoul. Il y demeura jusqu’à 1894 et fonda une zaouia où il entreprit de dispenser un enseignement religieux afin de poursuivre son combat et stopper l’expansion coloniale dans le sud ouest. Il adressa des messages à l’ensemble des chefs des tribus sahariennes, notamment les touaregs qui lui proposèrent de venir s’installer chez eux afin de pouvoir s’entraider dans la lutte contre l’ennemi français. D’autre part, certaines tribus installées aux frontières algéro-marocaines l’appuyèrent et se rallièrent à lui.
Le colonialisme français tenta d’étouffer la révolte de toutes parts et par tous les moyens et de s’étendre dans le sud et ce, à travers la mise en place d’établissements économiques et la création de centres commerciaux dans le territoire du Touat et de Tadikalt
.
c-  Troisième étape
 Cette étape constitue le début de la fin car en plein cœur des évènements, Cheikh Bouamama avait réussi à rallier de nombreux partisans et gagner la confiance des populations des régions sahariennes. Cela amena les autorités coloniales à tenter de le rallier à leur cause par tous les moyens. Des contacts furent entrepris par le biais de la Délégation Française à Tanger en 1892 afin de négocier avec lui la question de l’aman (la paix négociée) qui ne déboucha sur aucun résultat.
Les rapports d’amitié qui existaient entre Cheikh Bouamama et les autorités marocaines suscitèrent l’inquiétude des autorités coloniales françaises, notamment après qu’il fut reconnu comme chef des tribus des Ouled Sidi Cheikh ayant sous son autorité toutes les régions sahariennes. Elles tentèrent une nouvelle fois de gagner son amitié afin de faciliter leurs tentatives d’expansion et d’étendre leur influence sur les régions sahariennes. Pour cela, le gouverneur général Laverrière décida le 16 octobre 1899 d’accorder l’aman total sans conditions.
Au début du vingtième siècle, Cheikh Bouamama entra au Maroc et s’installa dans la région d’Oujda, ce qui permit aux autorités coloniales en Algérie de se féliciter d’avoir pu se débarrasser de l’un de ses ennemis les plus acharnés à les combattre.
Le combat mené par Cheikh Bouamama durant de nombreuses années avait considérablement entravé l’expansion coloniale dans l’extrême sud, en particulier le côté occidental et ce malgré le blocus important que les autorités coloniales sous la direction du Général Lyautey avaient tenté d’imposer à la résistance

 
5- Conséquences de la résistance de Cheikh Bouamama
 
1-  L’insurrection de Cheikh Bouamama constitua un défi important face à la politique de la IIIème République visant le parachèvement des opérations d’occupation totale de l’Algérie et parvint à retarder et entraver les projets français dans le Sud Ouest.
2-  La révolte de Cheikh Bouamama représente la phase finale de la stratégie des leaderships nationaux dans l’affrontement du colonialisme français à travers les résistances populaires basées essentiellement sur la religion en tant que facteur mobilisateur des Algériens dans la  lutte contre l’occupant.
3-  La révolte de Cheikh Bouamama fut l’une des résistances populaires les plus violentes au cours du dix neuvième siècle après la résistance de l’Emir Abdelkader.
4- La révolte de Cheikh Bouamama a dévoilé la faiblesse des Français dans l’affrontement de la résistance, ce qui les a amenés à rechercher des solutions politiques afin de mettre fin à la révolte en particulier après la deuxième étape 1883-1892, lorsque se posa la question de l’aman (trêve) recherchée par les autorités françaises auprès de Bouamama qui l’a rejeté à travers les correspondances et les pourparlers entrepris par
la France.
5- Les pertes humaines et matérielles furent également parmi les conséquences les plus notables de la révolte.
6- La révolte a accéléré l’achèvement des projets de voie ferrée dans la région reliant le nord au sud.
7- Même si, en raison des entraves rencontrées et plus précisément les difficultés à unifier les deux branches des Ouled Sidi Cheikh ainsi que les pressions exercées par le Sultan marocain Abdelaziz sur la révolte et son confinement aux frontières, la résistance de Cheikh Bouamama n’a pas pu réaliser son objectif qui était de chasser le colonialisme de la région, elle a cependant démontré ses capacités de résistance, son endurance et le blocage de l’expansion du colonialisme dans la région.
 

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"Mohamed Belkheir est né sous la tente aux environs de 1835, dans la tribu des Rzeigat (El-Bayadh), au sud de l'Oranie. Il fut donc témoin de la lente et lourde infiltration coloniale menée par le Second Empire. Et ce poète bédouin, en meneur d'hommes, prend une part active à la deuxième insurrection des Ouled Sidi Cheikh (dans l'Oranie) en 1881. Adversaire indomptable et irréductible du colon français, il fut envoyé en forteresse à Calvi, en 1884, pour y rester plusieurs années. "Me voici entre mer et oubli", songe-t-il, sacrifiant à une mélancolie qui ne lui est pas coutumière. L'insurrection - provisoirement - réduite, Belkheir vivra une ultime amertume : tant de compagnons ont trahi la cause par veulerie ou opportunisme. Pour stigmatiser ceux-là, le poète décoche ses traits les plus acérés? Cette poésie polémique, elle non plus, n'a pas vieilli, elle est éternelle - elle est traversée d'images qui nous font parfois penser à Garcia Lorca - et préfigure les meilleurs vers d'un Mahmoud Darwich.
Neuf ans après son exil forcé, Mohamed Belkheir retournera au pays, où il mourra en 1905."  

                                                                                                                                          Meftha

 

Commentaires (4)

1. meftha 03/01/2012

Mohamed Belkheir est né sous la tente aux environs de 1835, dans la tribu des Rzeigat (El-Bayadh), au sud de l'Oranie. Il fut donc témoin de la lente et lourde infiltration coloniale menée par le Second Empire. Et ce poète bédouin, en meneur d'hommes, prend une part active à la deuxième insurrection des Ouled Sidi Cheikh (dans l'Oranie) en 1881. Adversaire indomptable et irréductible du colon français, il fut envoyé en forteresse à Calvi, en 1884, pour y rester plusieurs années. "Me voici entre mer et oubli", songe-t-il, sacrifiant à une mélancolie qui ne lui est pas coutumière. L'insurrection - provisoirement - réduite, Belkheir vivra une ultime amertume : tant de compagnons ont trahi la cause par veulerie ou opportunisme. Pour stigmatiser ceux-là, le poète décoche ses traits les plus acérés? Cette poésie polémique, elle non plus, n'a pas vieilli, elle est éternelle - elle est traversée d'images qui nous font parfois penser à Garcia Lorca - et préfigure les meilleurs vers d'un Mahmoud Darwich.
Neuf ans après son exil forcé, Mohamed Belkheir retournera au pays, où il mourra en 1905.
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Bonne et heureuse année et merci beaucoup pour toutes ces précisions.Ces précisions seront ajoutées à la page consacrée au "Chïkh Bouamama".

2. BRAHMI , Abdelkader d'EL-Abadia ( Ain-Defla ) 01/01/2012

Bonjour , je cherche des informations crédibles avec des références,sur Cheikh Mohamed Belkheir,poéte et ami du cheikh,qui fut condamné a 5 ans de réclusion par le tribunal militaire de mascara et exhilé a Calvi en Corse.

3. Horri Fouad 03/05/2010

cherche information sur la tribu el ahrar - origine - qui sont les chefs - zaouia d'alégence - histoire de cette tribu

4. Horri Fouad 03/05/2010

cherche information sur tribu de el ahrar _ origine - chefs - zaouia d'alégence - histoire de cette tribu

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Date de dernière mise à jour : 02/12/2014

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