Sohanne (Larbaa )

 

Sohane, ville démunie

Dix-huit kilomètres en lacets, neige à profusion, des enfants démunis qui se jettent des boules de neige comme unique distraction et bouffée d'oxygène ou de « chaleur » : c'est le décor implanté sur les hauteurs de Larbaâ, à l'extrême sud-est de la wilaya de Blida.

 

La commune de Souhane, sur la route de Tablat, offre sur les flancs de montagne des paysages qu'envieraient bien des contrées à l'état vierge et qu'empruntent de plus en plus les véhicules en sa RN 8 à partir d'Alger. De 4000 habitants avant 1998, la commune passera à 109 en fin 2002 après le départ massif et précipité de la plupart des familles à la suite du sinistre massacre du 20 août 1998 où 64 personnes avaient trouvé la mort et des dizaines d'autres portées disparues. La RN 8 avait été coupée à la circulation jusqu'au 13 août 2004 et il est enregistré, selon le président de l'APC, 300 résidents aujourd'hui ; l'école a rouvert ses portes et les classes accueillent... 19 élèves qui attendent toujours l'arrivée de l'enseignante de langue française nommée au poste vacant. La présence effective des éléments du corps de la Gendarmerie nationale le long de la route qui serpente au milieu des champs commençant à être cultivés permet à la vie de renaître dans cette commune de plus de 64 km, dixième dans la wilaya de par sa superficie mais la toute dernière au nombre de sa population. Plus de 200 habitations, selon le président de l'APC, « qui méritent une aide pour être retapées, comme il serait bon que l'Etat apporte son aide dans la création d'activités ». Zone rurale, la commune peut disputer son paysage à la région de Chréa et offrir des aires de repos dominical, des lieux d'aisance pour les retraités avec la construction de chalets, d'auberges, de relais... Avec la rigueur du climat, il aurait été bon que les passagers à destination du Sud ou du Nord trouvent de la vie au détour d'un virage, au bas d'une côte. Ni ambulance ni téléphone, on apprendra qu'il existe un projet pour la construction d'une maternité ( !) rurale et d'une maison de jeunes. Des habitants possèdent des numéros de téléphone pour des lignes spécifiques à la zone, payés depuis maintenant six mois mais les services des télécommunications émargent toujours aux abonnés absents, tout comme la daïra et les ponts et chaussées qui brillent par leur défaillance en ces moments de grande urgence où il y va de la vie des citoyens. La daïra de Larbaâ se trouve enclavée, calfeutrée dans sa misère et son inanition, entre deux riches communes que sont Bougara avec son marché de gros rapportant plus de 11 milliards de centimes à la commune et Meftah et sa cimenterie faisant entrer dans les caisses de l'APC plus de 13 milliards de centimes ! Que peut bien offrir Larbaâ avec son troisième rang pour la population - plus de 65 000 habitants - de la wilaya de Blida ? L'axe routier menant vers Sohane permettrait sans doute d'ouvrir la voie au secteur touristique dans cette région et encourager, par ricochet, le retour et la stabilité des familles.

 

Par A. Mekfouldji

 

الصلاة و السلام عليك يا رسول الله

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