Guerrouma Le retour des populations suscite de nouveaux besoins

Guerrouma Le retour des populations suscite de nouveaux besoins

Une commune en quête de développement

 

 

 

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  Depuis la fin de la décennie rouge, les citoyens de cette région du sud-ouest de la wilaya de Bouira n’ont cessé de reclamer que leur localité soit dotée de moyens nécessaires pour améliorer leurs conditions de vie.

Car, pendant plusieurs années, la zone de Guerrouma, faisant partie du massif de l'Atlas Blidéen, au même titre que Zbarbar, Maâla et Boukram, qui sont des communes voisines, était

encerclée par une ligne de feu de la part du terrorisme qui a fait main basse sur la région. En sortant d'un tel cauchemar, grâce à la lutte des patriotes, des forces de sécurité et des citoyens de la commune, les populations se réveillèrent à une dure réalité sociale marquée par le chômage, le manque d'infrastructures et d'équipements publics et le déficit criant de services publics. À près de 70 km du chef-lieu de wilaya, Guerrouma abrite actuellement presque 20 000 habitants, répartis sur une superficie de 97 km2. Elle relève de la daïra de Lakhdaria avec laquelle elle est reliée par une route de montagne, étroite et sinueuse, sur une longueur de 30 kms. Les habitants, particulièrement ceux des villages du sud, y compris le chef-lieu communal, se sentent plus proche de Tablat, relavant de la wilaya de Médéa, que de Lakhdaria, et pour cause : la route vers Tablat est moins éreintante. Après une dizaine de kilomètres, on est déjà sur la grande route nationale n°8 reliant Alger à Bousaâda. Les citoyens de Guerrouma et ceux des villages environnants, à savoir Diour, Aïn Beidha, Tifirès, préfèrent faire leurs commissions à Tablat et même les consultations médicales. La commune a enregistré le retour de centaines de ménages ayant subi l'exode forcé pendant la décennie de l’insécurité. Les citoyens se sont retrouvés, du jour au lendemain, à Réghaia, Boudouaou, Hammadi et dans d'autres villes, après avoir bradé leurs biens et leurs cheptels. Le retour s'est fait progressivement, au fur et à mesure du retour de la stabilité, mais aussi de l'intervention de l'État avec des actions de développement (habitat rural, électrification, ouverture de pistes agricoles,…). Le paysage a commencé à se transformer graduellement, même si les traces des ravages du terrorisme sont encore visibles sur les monticules dénudés qui ont perdu toute leur végétation. Sur ces montagnes, les gens avaient pour habitude de cultiver l'olivier, le figuier et même de réserver certaines parcelles aux céréales. Les unités industrielles n'existant pas, il faut aller à Lakhdaria, à El Kadiria ou à Tablat pour espérer décrocher un emploi. Les anciennes activités artisanales, particulièrement le tapis qui a, un certain moment, rendu célèbre Guerrouma au-delà des frontières nationales, sont presque oubliées. Il ne reste que quelques femmes viscéralement attachées à leur métier ancestral. Ici, les jeunes s'intéressent aussi à l'élevage avicole, avec toutes les contraintes que subit cette activité (maladies, extrêmes oscillations du marché). Les villages de Guerrouma dominent le lac du barrage Koudiet Acerdoune, lequel est situé en aval, sur le cours de l'oued Isser, dans la commune de Maâla. Mohamed, jeune aviculteur, a entendu parler de ces fameux projets de zones touristiques le long des périmètres de barrages. Il cherche à en savoir davantage, car le lac de Koudiet Acerdoune est le deuxième plus important du pays, avec ses 640 millions de mètres cubes, après celui de Béni Haroun, dans la wilaya de Mila. "Sur tout le pourtour du lac, on peut bien installer des équipements de détente; on peut aussi créer des activités nautiques comme celles qui se font partout à travers le monde. En tout cas, la région en a bien besoin. C'est une région de montagne où même l'eau du barrage n'aidera pas sur le plan de l'agriculture, puisque le projet de périmètre irrigué est prévu en aval, en jonction avec la wilaya de Boumerdès", fera remarquer Mohamed. Les quelques vergers, qui pendent sur les berges de l'Oued Bouamoud, sont irrigués avec l'eau de puits. Un microclimat fait de douce humidité, de vent frais et de températures modérées domine les lieux. Il y a même des berges qui suintent l'eau en cette période canicule. C'est dire l'humidité des lieux. L'entrave principale pour une activité agricole soutenue, c'est bien le relief. On est à hauteur de 600, voire 800 mètres d'altitude dans certains endroits. Le relief est fort tourmenté; il ne laisse place que pour l'arboriculture de montagne et les activités d'élevage. La seule zone agricole de plaine, est celle de Aïn Béïda, ancien VSA (village socialiste agricole). Ici, l'habitat rural semble avoir sauvé la mise. Les ménages tiennent beaucoup à cette formule pratique qui n'exige par de lourde paperasse et qui permet de fixer les gens sur la terre de leurs ancêtres. Le déficit en matière de pistes rurales et routes secondaires est signalé, ce qui ne facilite pas le ramassage scolaire pour certains villages enclavés. Le raccordement des foyers au gaz naturel et au réseau d’AEP est plus que souhaité.

                                                                             N. M. Taous/ La Dépêche de La kabylie

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Date de dernière mise à jour : 26/07/2014

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