Cinquantenaire de la clinique de cardiologie du CHU Mustapha Bacha

hommage au professeur Omar Boudjellab

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 le 18.03.12

 

Le professeur Boudjellab a donné le maximum de lui-même et accompli une carrière exemplaire faite de probité, de responsabilité et de générosité l Il aimait à répéter que «la médecine ne doit jamais être un métier seulement, mais elle doit être exercée comme une vocation».

Un vibrant hommage a été rendu vendredi au professeur Omar Boudjellab, le doyen de la cardiologie algérienne à l’occasion du cinquantenaire de la clinique de cardiologie du Chu Mustapha Bacha. Cette journée scientifique  commémorative étalée sur deux jours, les 16 et 17 mars, a été consacrée à toutes les réalisations de cette clinique depuis sa création en 1962 à ce jour. «Le professeur Boudjellab a donné le maximum de lui-même et accompli une carrière exemplaire faite de probité, de responsabilité et de générosité», a tenu à souligner le Pr Merad, chef de service de cardiologie A2 de l’hôpital Mustapha Bacha, avant de déclarer que «ceci nous permet d’affirmer sans aucune hésitation que ce fut un des pères les plus prestigieux de la médecine algérienne en général, de la cardiologie en particulier». Ayant le sens du devoir et conscient de son rôle de médecin, le Pr Boudjellab a pris la décision de rejoindre, rappelle le Pr Merad, les rangs de l’ALN avant de se rendre disponible pour prendre en charge les malades et les blessés que le FLN lui confiait.

Ceux qui ont bénéficié de ses services peuvent témoigner que ce médecin au physique d’Aryen était un homme discret et un praticien compétent et généreux, signale le Pr Merad. Dès son arrivée aux frontières de l’Ouest, poursuit-il, il va être rapidement remarqué grâce à ses profondes connaissances médicales et son sens de l’organisation et son humanisme. «Avec le dynamisme qu’on lui connaît et sa grande énergie, il a su organiser ce secteur difficile, prendre en charge comme il se devait nos valeureux combattants, malades et blessés. Mais ce qui est remarquable, c’est que durant toute la période où il était responsable, et pas des moindres, il n’y a eu à déplorer ni épidémie ni catastrophe médicale, comme on pouvait le craindre dans ces campements où les conditions de vie et d’hygiène étaient difficiles».

Dès l’indépendance, sans la moindre hésitation, il va rejoindre le secteur civil et exercer dans les structures publiques. «Il a compris que le pays qui sortait d’une guerre inhumaine et meurtrière avait besoin de médecins, de beaucoup de médecins. Il faut souligner qu’au lendemain de l’indépendance, après le départ massif du corps médical français, l’Algérie comptait à peine une centaine de médecins. Il a compris aussi que la médecine allait devenir de plus en plus une science et que les praticiens qui allaient exercer devaient être de haut niveau», a-t-il signalé. Il entame alors un nouveau combat, il n’en connaîtra pas d’autre jusqu’à la fin de sa vie. «De la politique, il ne voulait rien entendre et lorsque les autorités de notre pays ont fait appel à lui pour s’occuper du ministère de la Santé, il a endossé cette responsabilité non pour faire une carrière politique ou enrichir son C.V., mais comme un militant sincère qui mettait sa technicité au service de son pays. Quand sa mission prit fin, le défunt président Houari Boumediène lui proposa un poste de député ou de diplomate, mais il déclina l’offre pour revenir à son sacerdoce : la médecine», rapporte le Pr Merad. Il redevient le médecin anonyme, toujours enthousiaste et généreux dans l’effort pour accomplir son métier.

Quant à son dévouement pour le développement de la médecine algérienne, le Pr Merad estime qu’«en tant que chef de service et plus tard en tant que ministre, il a été d’un apport considérable pour booster la formation continue, les congrès régionaux ou internationaux. C’est grâce au professeur Boudjellab qu’on a pu disposer d’un local et d’un secrétariat appointé par son département, ce qui nous a permis de travailler dans de bonnes conditions. Nous devons au professeur Boudjellab les meilleures décisions pour une médecine à la portée de tout le monde et la plus performante possible. Il a ouvert l’ère de la médecine gratuite à laquelle il croyait sincèrement. C’est à lui que nous devons également les mesures qui ont rendu une démographie acceptable et moins contraignante pour le pays. Il fut un médecin généreux et humain en tant que chef de service et ministre de la Santé.»

Un fierté pour l’Algérie, car il a été un exemple de générosité, d’humanisme  et d’honnêteté, conclut le Pr Merad, sans oublier de rappeler que le Pr Boujellab aimait à répéter que «la médecine ne doit jamais être un métier seulement, mais elle doit être exercée comme une vocation».

Djamila Kourta

                Article paru dans le quotidien national "EL WATAN"

 

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