Beni Silem

LA PLAINE DES BENl-SLIMANE ET SES AB0RDS

 Date d'ajout: Le 01/05/2013 11:00:09 par kall

TROISIÈME PARTIE   

 III. — Les Populations

1° Populations anciennes. — Les populations anciennes du pays, sur lesquelles les détails manquent absolument, nous ont laissé comme témoignage de leur existence un certain nombre de ruines. Quelques unes paraissent d'origine romaine, ou bien elles ont été laissées par des indigènes romanisés. Toutes sont peu importantes d'ailleurs : ce sont surtout des restes de constructions circulaires situées en des lieux élevés,qui devaient être faites de pierres de taille de dimensions moyennes et dont la destination primitive, — tours de garde, tours à signaux ou tombeaux circulaires — reste hypothétique. Des constructions plus parfaites couronnaient une colline aujourd'hui appelée Eççouamaa( الصوامع),  (les autels, ou les colonnes, près du lieu dit Mezzoubia, sur le bord oriental de la plaine. Il y avait là trois constructions en pierres de taille, celle du milieu plus grande, avec gradins, colonnes et corniches. Etaient -ce des tombeaux ou des autels ? Aujourd'hui, comme en bien d'autres endroits, un lieu saint de l'islam a pris la place d'un lieu saint du paganisme. (3)

On a signalé encore des vestiges de postes militaires aux alentours de la région, à côté de Tablat, près de l'Oued Djebsa (Atlas), puis du côté sud, chez les Beni Silem (Tiara,vallée de l'Oued El hammam) se rattachant d'une part  aux forteresses d’El rorz'fa (Cheurfa) et de  Sour Djouab (Rapidi,) dans la montagne au sud de la plaine, et de

(1) La première et deuxième partie ont paru dans les Bulletins de 1900 et 1903 du quatrième trimestre.

(2) Voir: Dossiers du Senatus-Consulte et Berbrug/ger, les étapes militaires de la Grande Kabylie.

(3) Dans une communication adressée à ce sujet, en 1891, au Comité de l'Afrique du Nord, et résumée au Bulletin, j'ai donné un peu plus de détails.

l'autre à Berrouaghia (Tirinadi). Une voie de ceinture traversait la plaine entre Sour Djouab et Berrouaghia. On est donc fondé à penser que le pays des Beni Slimane n'a pas été très occupé par les Romains, surtout la portion montagneuse.

 

2° Les populations actuelles. Origine. — Les indigènes de la plaine des Beni Slimane et de ses abords font partie du groupe connu de leurs voisins sous le nom générique de Beni Slimane, dénomination que l'administration employa jadis également, mais en lui donnant des acceptions variables suivant les époques.

Loin de constituer un groupe homogène, ils sont au contraire le résultat du mélange des sangs arabe et berbère, en proportions variables suivant les lieux, mais avec prédominance générale du dernier. Leur type de physionomie l'indique tout d'abord ; ils sont plus souvent brachycéphales que dolichocéphales; beaucoup ont des faces rondes et larges, avec des traits droits, presque européennes; leur ossature est forte, leurs attaches sans finesse, leur  teint relativement clair, leur cheveux plats, plutôt châtains que noirs, et tirant même parfois sur le blond. Ils se rapprochent en cela des berbères de Médéa; mais la forme souvent carrée du menton les en distingue et leur donne quelque ressemblance avec les Beni-Hassen de Berrouaguïa. C'est seulement chez certaines familles de la plaine qu'on voit apparaître le teint basané, l'arcade sourcillière longue, le nez mince, souvent busqué, le poil frisé, d'un noir franc, et le crâne dolichocéphale de l'arabe.

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