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Sur les traces de la naissance de Tablat

                                    Titre:Sur les traces de la naissance de Tablat.

Date d'ajout:Le 23/08/2010 13:30:00 par kall.

Date de modification:le 01/05/2013 10:29:12 par kall

Etat: Publié le 20/04/2013 00:30:26

                                                                     kall.e-monsite.com

                     TABLAT, LA CITE ANTIQUE

                                SUR LES TRACES DE LA NAISSANCE DE TABLAT                                          

                                         

   En l’absence d’études archéologiques et anthropologiques, de documents et de références historiques qui pourraient venir exhumer le passé de la région de Tablat, l'histoire de celles-ci demeure mal cernée à ce jour.

Cependant cette histoire pourrait être reconstituée plus au moins fidèlement grâce à certaines informations glanées par-ci par-là,localement et à partir de documents trouvés sur des sites internet et qui retracent certains faits historiques.

 

     Tablat selon l’étymologie populaire berbère

« Tablat est une localité du Sud-Est de Blida, dans une région qui reste encore amazighophone.

Tablat signifierait « la pierre ».Le mot « ablad » est utilisé dans le kabyle de l’Est de pour "pierre" alors qu'il utilisé dans l'Ouest dans sa forme féminine "Tablat" pour  désigner «carreau de carrelage ».Quand au kabyle parlé dans la wilaya de Blida, je crois qu'il signifierait plutôt "pierre".Autour de Tablat et Hammam Melouane, il existe des villages kabylophones amazighs : Kef Tidjildjelt, Tiberguent, Agu n Nnda, Djebel Adoumez,..." www.kabyle.com  la Kabylie.  

Tablat , chef-lieu d’une marche militaire  de   la Maurétanie césarienne

         Passons maintenant pour voir la définition de Tablat faite par l’historien « Mac Carthy »  dans son livre "Géographie physique, économique et politique de l'Algérie" publié en 1858..

Dans la page 353, on lit :

« Tablat, l’ancienne Tablata, chef-lieu d’une marche militaire, sous les Romains , au cinquième siècle, près de l'Isseur, sur la route d'Auzia (Aumale) à Icosium (Alger)."

Site romain de Taguerboust Cne de Tablat Ruines romaines du site de Taguerboust Cne de TablatRuines du site romain de Taguerboust Cne de Tablat

 

اثار الموقع الروماني بتقربوست تابلاط Photos du Site romain de Taguerboust Commune de Tablat

 

 

   

INDICES PERMETTANT DE RENFORCER CETTE DEFINITION :

 

1)    Le Pr L.Leshi pense qu’une route romaine venant de la montagne ( des traces en  subsistent dans la région de Tablat )  débouchait en plaine vers Rovigo, et de là, gagnait Rusguniae dont les relations étroites avec Aumale, d'une part, et le Chélif d'autre part sont attestées  par l’épigraphe.Cette route devait passer non loin de Sidi Moussa…

2)CVI   TABLA

TABLA appartenait à ville frontière nommée TABLATA, et citée par la notice de l'Empire :"Géographie de l'Afrique chrétienne." Par Mgr Toulotte, Anatole (1852-1907) la Maurétanie césarienne comme nous l’apprenons de la notice.Il y avait une 

3)SEPTIMINICIA,( Géog. Anc.) ville de l’Afrique propre : elle est marquée d’Antonin, sur la route d’Assurae à Thenoe, entre Madassuma & Tablata , à vingt-cinq milles dans l’itinéraire du premier de ces lieux , et à vingt milles du second; c'était un siège épiscolpal.(D.J.)

4)Praepositus limitis Tablatensis.-

TABLATENSIS .a  TAMATA Oppido. TABLATA legit Itenerariu. Vbl niansiocurfus publici 1Suit...

5)L'Afrique chrétienne: Évêchés & ruines antiques d'après les manuscrits de Mgr Toulotte, et les découvertes archéologiques les plus récentes

J. MesnageAnatole Toulotte

E. Leroux, 1912

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6)rapidum.jpg

 

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Conclusion :

L'appellation "Tablata", "Tablat" dérive du romain "Tablatensis" qui signifie "marche militaire, "casernement" ou " camp romain".

Les Maures ( Les bèrbères de l'Afrique du nord, sous domination romaine) utilisaient la dénomination "Tavlast" qui dérive du romain "Tablatensis" et signifiant "casernement", "marche militaire"...

Tablata (ville romaine) a donné Tavlast ou Tavlat (amazigh) qui a donné à son tour "Tablat (appellation actuelle).

 Voici à quoi ressemblait "Tablat ou "Tablata" sous la domination romaine (Texte+ illustration                                           

Le camp romain ou la marche militaire

L'armée romaine était très organisée : Le camp possédait une forme immuable,l'ordre de marche s'adaptait à l'environnement (hostile ou neutre) et les tactiques pour les sièges étaient très efficaces.

1) Le CAMP ROMAIN

Le camp romain était installé chaque nuit, son installation était rapide (2 heures).On organisait le camp à la méthode des augures.Le camp était constitué de :

- le principia (le quartier général) 
- le praetorium (habitation du général) 
- 2 voies : la via principalis et la via praetoria 
- 4 portes : porta praetoria, porta principalis dextra, porta principalis sinistra et prota decumana 
- un fossé et le remblai.

.......

 

Lorsque le camp était là pour une plus grande durée, on construisait de meilleures fortifications.

 

2) L’ARMEE EN MARCHE

 

L’ordre de marche se divisait en plusieurs parties :

 

2.1) si aucun danger n’était à craindre,

 

2.2) en cas de danger :

 

 a) Iter expeditum :  - en progression 
    - en retraite 
 b) Iter quadratum 
 c) à proximité de l’ennemi.

 

3). LES TRAVAUX DE SIEGE

 

Il y a plusieurs techniques de sièges :

 

- l’obsidio : un blocus : le but est de couper les vivres aux assiégés 
- l’oppugnatio repentina : est une attaque subite, soudaine 
- l’oppugnatio longinqua : est lent et de longue durée (= siège en règle).

 

LE CAMP, UN BIVOUAC FORTIFIE :

 

 

 

Le camp est construit chaque soir à l'étape. Il sera plus soigneusement organisé lorsque l'armée y passera tout l'hiver. Le camp peut même devenir permanent, en fonction des événements. Autour du camp se forment alors des agglomérations urbaines. Les caractéristiques du camp restent toujours les mêmes. Il est en hauteur, à proximité d'un point d'eau, de fourrages et de prairies. Les officiers et les augures choisissent d'abord l'emplacement, d'après les indications du général, puis un augure trace l'enceinte correspondant au temple céleste : 2 grandes lignes perpendiculaires sont tracées (ces rites sont semblables à ceux de la fondation d'une ville), dans l'intervalle desquelles les troupes dressent les tentes. Ensuite, tous les soldats, alignés côte à côte sur les limites extérieures du camp, creusaient un fossé, rejetant la terre pour former un talus d'une hauteur égale à la profondeur du fossé. Sur ce rempart était disposée une palissade de pieux ou de claies tressées, parfois munie de créneaux. Les 2 grandes lignes aboutissent à 4 portes: la porta praetoria du côté de l'ennemi; la porta decumana à l'opposé; à droite et à gauche, la portadextra et la porta sinistra. Des voies secondaires, se coupant également à angle droit, subdivisaient les quatre grands secteurs. Non loin de la porta praetoria était placé le praetorium, la tente du général, devant laquelle les aigles étaient fichées en terre; autour étaient le forum, ou place de rassemblement, et le quaestorium, trésor et magasin. Derrière se trouvaient l'autel et les tentes des officiers supérieurs, lieutenants et tribuns. Puis les légions, au centre, les auxiliaires, tout autour, campaient, alignés en six rangs perpendiculaires à la voie principale, qui menait de la porte de droite à la porte de gauche. Le forum, le tribunal et les baraquements sont toujours rigoureusement installés à la même place, afin de permettre l'organisation rapide du camp à chaque étape. Dans les tentes, groupées en rectangles allongés, les hommes conservent leur ordre de bataille. Un camp de légion occupe 45 hectares (environ 550 m par 800 m). Tout autour du camp, entre le retranchement et les tentes des troupes, était laissé un vaste espace libre mettant les tentes à l'abri des traits ennemis et permettant une circulation sur les quatre faces en cas d'attaque. En dehors de chacune des quatre portes, des corps de gardes assuraient la surveillance et la protection du camp. Telle était la disposition générale du camp romain, qui devait constituer à la fois un refuge sûr en cas d'attaque ennemie et une base solide pour une offensive, ou pour une retraite. Les familles des légionnaires pouvaient y habiter, et les habitants de la région venaient souvent s'installer à proximité pour faire du commerce ou chercher protection.

NAISSANCE D'UNE VILLE SUR LE LIEU DU CAMP ROMAIN

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Le camp romain, un bivouac fortifié 

 

-La présence d'une fontaine d'eau romaine à Tala R'Zag avec plusieurs canalisations, des postes romains d'observation sur les hauteurs des montagnes qui cernent le casernement, l'existence des traces de la civilisation romaine dans la zone comprise entre Taguerboust, Guerrouma,Rasfa,Ouled Saci (Aïn romaine)...témoignent que les Romains avaient vécu dans la région de Tablat.Dans les lieux cités précédemment, on trouve un ksar, un cimetière, des blocs, des ruines, des restes de colonnes...Même en retournant le sol, les paysans de ces territoires découvrent encore des pièces de monnaie, des pierres portant des écritures, des dalles, des poteries...raf-3.jpg

-A Om D'Heb, terrain situé sur la rive gauche de "Oued Isser" et non loin du douar El Babda, il y a un site romain, site où l'on peut apercevoir plusieurs dalles de tailles grandes, éparpillées un peu partout et sur une immense superficie.

-Des inscriptions sont, aussi, signalées.En retournant le sol, les fellahs (habitant El Babda,Nouawra,Snaïssia) tombent sur des objets datant de l'époque romaine.On a même trouvé des meules de moulins, une charrue munie des socs...

-"DEUX PETITS TOURISTES EN ALGERIE" est le titre d'un livre édité en 1888 et dont l'auteur est Gaston Bonnefont.Dans la page 70 de ce livre, nous lisons:

"A cinq heures du soir, ils étaient à Tablât, dont l'antiquité est constatée par des inscriptions romaines encore lisibles sur les vestiges de quelques monuments.

A Tablât, autrefois Tablata, les auberges ne manquent pas.La ville n'a que 160 habitants mais la civilisation y a pénétré sous toutes ses formes.On peut y dîner à l'européenne et un tailleur français se charge d'y habiller ses clients aux dernières modes parisiennes... d'il y a dix ans".

-A signaler, en outre, que dans le livre de Seston William intitulé " Le MONASTERE D'AIN TAMADA ET LES ORIGINES DE L'ARCHITECTURE MONASTIQUE EN AFRIQUE DU NORD", on lit dans la page 930 et suiv. dans la liste des évêques que "Quodvultdcus Tablensis" pourrait être l'évêque de Tablat, ville située au nord de RAPIDUM(Sor Djouab devenu par la suite une cité).

 

 L'antique Tablata

1-D'après les indications mentionnées ci-dessus, on pourra confirmer qu'une ville avait, bien et bel, été née sur le camp et qui fut nommée "Tablata", Tavlast, Tablat" et qui fut engloutie sous l'effet de phénomènes naturels tels les séismes quelques siècles après sa fondation.

2-Tout autour de Tablat, s'étaient formées, jadis, des agglomérations à Rasfa,Takerboust,El Babda...

Remarque: L'étude de l'itinéraire d'Antonin révèle l'existence de plusieurs villes aujourd'hui disparues.Tablat n'est donc que l'un de ces exemples de villes dont on parle.

De La Mauritanie à l'Andalosie

1-Domination vandale (429-533)

En 428,Genséric devenu roi, conduit les Vandales en Afrique du Nord.Un vaste territoire de la Maurétanie césarienne fut conquis au V siècle.Les Byzantins chassèrent les Vandales en 533 et reconquirent la partie orientale du pays.

2-La conquête arabe (647)

 

 

Les Arabes arrivèrent en 647 et leur conquête fut achevée en 711. Au VIII siècle, l'Afrique du Nord devint une 1-balochi-yalghar-azhar-abbas.jpgprovince omayad.

Signalons ici, mais pour mémoire seulement en laissant aux historiens de confirmer ou d'infirmer la déduction suivante : il existe dans la province de Séville(  إشبيليا) en Andalousie une ville nommée "Tablata" qui fut fondée par les Sarrassins (Les Sarrassins étaient, en réalité, des Maures) ce qui laisserait supposer que lors de la conquête de l'Espagne en 711 par l'armée bèrbère, un grand nombre des Maures de Tablat ou Tablata faisait partie de cette armée envoyée par le Gouverneur arabe de l'Afrique du Nord pour le compte du calif de Damas.Cette armée était dirigée par Tarik Ibn Ziyad.Quand Séville fut conquise,ces Maures, venus d'Algerie et plus précisement de Tablat ,fondèrent dans cette province une ville et la bâptisèrent "Tablata" afin de remémorer le lien qu'ils avaient avec leur pays natal.                                                           

                         Abdelkader Lakhdari, administrateur du site

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tablat : L’Ancienne Poste , le Silo de la S.A.P, ... , Véritables bijoux patrimoniaux et architectoraux à restaurer et à protéger.

Tablat : L’Ancienne Poste , le Silo de la S.A.P, ... , Véritables bijoux patrimoniaux  et architectoraux  à restaurer et à protéger.

   Les autorités locales ont le devoir de ne pas laisser se  dégrader les trésors de notre patrimoine communal.L’ancienne Poste et le Silo de la S.A.P, pour ne citer que ces deux édifices, constituent des symboles hautement significatifs pour les Tablatis parce qu’ils sont d’une part le témoignage d’un passé riche et nostalgique de ce qui fut la rue principale et parce qu’ils ont d’autre part  un intérêt historique,architectural, artistique et culturel.Les laisser à l’abandon est un crime contre la mémoire collective de notre cité.

 

 L’horloge de l’ancienne poste

L'Ancienne Poste de Tablat                      L'ancienne poste

   L’unique horloge publique de Tablat est un chef d’œuvre artistique et technique laissé à l’abandon et sa dégradation est lisible.Il est temps pour que les autorités locales réagissent afin de restaurer, défendre et valoriser ce bijou.

 Le cadran de cette horloge est de forme arrondie, d’un diamètre d’un demi mètre.Le fond doré qui autrefois flamboyait était terni par le temps.Les aiguilles en fer de lance marquaient les heures sur des chiffres romains colorés en noir sur la pierre

Le silo stockage à grains

Le Silo de la S.A.P de Tablat

Jadis, on utilisait ce silo pour entreposer divers céréales en vrac.Il est constitué de deux réservoirs de forme cylindrique construit en béton.Le remplissage de ce silo se fait par le haut et recourt à la technique dite « élévateur à godets » qui est une installation assurant l’ascension des céréales en vrac à l’aide de récipients fixés à intervalles réguliers sur une bande souple refermée sur elle-même.

  Nous émettons le vœu que les responsables de certains édifices publics,  véritables bijoux de notre patrimoine communal, s’abstiennent d’être à l’origine de leur dégradation et que les autorités locales manifestent leur intérêt par une action appropriée à la protection de ces monuments .

                                                       Lakhdari Abdelkader 

« Temesguida. une enfance dans la guerre d’Algérie »

 

Culture

Hebdo littéraire

Une enfance montagnarde sous les bombes

Publié le 24-06-2013

L'EST

REPUBLICAIN

La Temesguida,une enfance dans la guerre d'Algerie

L’auteur témoin, Aïssa Touati est né en 1945 dans le massif de Temesguida. Il raconte, sous la plume de Régis Guyotat, ancien journaliste au journal le Monde, son enfance et la vie de sa famille durant la guerre. Il a neuf ans. C’est un berger qui doit garder les chèvres, sans être jamais à l’école, mangeant rarement à sa faim. Après l’indépendance, il émigre en France où il travaille comme ouvrier du bâtiment et prend des cours d’alphabétisation à Orléans ; cours dispensés par régis guyotat avec lequel il noue une longue amitié. «Temesguida. Une enfance dans la guerre d’Algérie» un lieu, un âge, une guerre. Temesguida (Temesguida?) est un massif montagneux dans l’actuelle wilaya de Médéa, sur l’Atlas blidéen. Depuis son sommet s’élevant à 1 138m, Temesguida domine vers le nord la plaine de la Mitidja. Légendes, récits hagiographiques le donnent comme un refuge de saints patrons et, jusqu’à une époque récente, c’est une région où de nombreux Kabyles se sont installés comme vanniers tant la région regorge d’eau et de roseaux. Mais la Temesguida, dans ce récit, c’est le bastion quasi mythique de la résistance armée de l’ALN aux contingents de l’armée française qui ont maillé cette région tampon, stratégique, entre l’Atlas blidéen, le Djurdjura et les plaines de l’Algérois. Ses reliefs accidentés, ses grottes, sa végétation drue, ses replats en font une zone de repli en même temps qu’un refuge stratégique pour les katibas de l’ALN. Tout le récit s’y déroule en trois temps : avant l’arrivée de la guerre, moudjahiddine et soldats confondus, ses habitants vivaient dans une relative sécurité mais dans une extrême pauvreté, celle du sol et de la subsistance. La guerre, alors, était menée au quotidien contre les éléments de la nature : des hivers rigoureux, des étés caniculaires, un sol accidenté, ingrat, un cheptel maigre. Bref, la famine ! Une vie sauvage, insulaire même si de loin en loin, l’ordre colonial se signale par les nouvelles rapportées par ceux, rares, qui descendent au marché de Tablat. Puis, le deuxième temps, avec le déferlement de la guerre, Temesguida entre violemment dans l’histoire. Le massif montagneux est maillé par les militaires français, des routes ouvertes au bulldozer, comme des serpents, le ceinturent, étranglent les villages et les mettent à nu, à découvert. Mais la topographie des lieux offre encore aux combattants de l’ALN de la wilaya IV un terrain propice aux ripostes et à l’instauration perpétuelle d’un climat d’insécurité sur l’étendue de la plaine de la Mitidja, le symbole de la conquête coloniale. Entre ce lieu resté imprenable, inviolable et la Mitidja domestiquée, où s’étendent d’aise les fermes opulentes des héritiers de Bugeaud, le contraste n’est pas dans le relief mais bien dans le rapport de force entre les laissés-pour-compte, l’indigène dépossédé, et une présence française qui grignote les contreforts de la Tamesguida jusqu’à installer ses miradors en son sommet. Le troisième temps, enfin, c’est l’exode, les villages de regroupement, Alger, Rivet (Meftah) au bout, une indépendance avec ses martyrs de la Temesguida oubliée. Une histoire de berger Ce cadre géographique et historique ainsi posé ne se donne pas à lire comme tel dans ce récit d’une enfance, celle du narrateur témoin, un enfant berger, on aurait dit sorti d’un roman de Giono, à la différence que la nature n’est pas un culte, une vénération, mais une condition humaine à la limite d’un Robinson Crusoé qui n’a pas échoué sur une île mais qui y est né tout en sachant que le monde qui l’entoure n’est pas à sa portée, ni n’est une fatalité. Cette enfance est celle de Aïssa Touati qui raconte son vécu âpre et «sauvage» dans ce massif imposant avant de rejoindre son père à Alger, à Belcourt et, de là, élire domicile dans un torchis, à Rivet (actuelle Meftah) jusqu’à l’indépendance. Dans ce récit, linéaire, écrit à la première personne, l’enfance n’est pas évoquée dans un passé nostalgique, larmoyant, voire, à posteriori, enjolivée par l’effet du recul du temps, mais elle est dite dans un présent de narration, sans gloire ni passion, dans ses vérités immanentes, ses pulsions du moment. Le lecteur se surprend à se familiariser avec un garçonnet qui n’est ni un Omar de Mohamed Dib, encore moins un Fouroulou de Mouloud Feraoun, formatés pour les besoins de la fiction. L’enfant Aïssa Touati est né, dans ce village à flanc de ravins, Ouled Seddik, au milieu d’une famille soumise à une extrême pauvreté. un père chasseur à l’occasion, une mère comme toutes les mères d’Algérie, à cette époque de la fin des années 1940, qui redouble d’ingéniosité pour nourrir ses enfants – deux autres fils dont l’aîné Ramdane, qui sous-tend le récit dans son versant historique, une fille effacée, un autre garçonnet, le benjamin – les nourrir de contes la nuit pour leur faire oublier la faim qui tenaille les ventres. Enfant, Aïssa tient plus que tout à son maigre troupeau composé de quelques moutons, de chèvres et d’un âne homérique. Toute la montagne lui appartient. Il en connaît les grottes, les méplats, les deux-bassins, les rivières, les animaux qui y vivent, luttant contre les chacals dont il a appris l’espièglerie et les sangliers qui ravagent les maigres jardins potagers. Sa guerre à lui, de l’aube à la tombée de la nuit, hiver comme été, est de protéger quoi qu’il en coûte le troupeau, la seule richesse de la famille. Dans les quelques hameaux disséminés autour de Ouled Seddik vivent des êtres infrahumains, enfouis, bêtes et gens mêlés, dans les replis de ravins qui donneraient le vertige aux chèvres les plus intrépides. Le père de Aïssa a pourtant un joyau qu’il n’hésite pas à exhiber, une montre en or, un fusil et des relations somme toutes surprenantes avec la lointaine administration coloniale de Tablat par ses représentants locaux de l’indigénat. Aïssa est un enfant maigre, sale, qui va pieds nus en été, à peine chaussé en hiver d’espadrilles confectionnés à partir de pneus de voiture, un luxe. La faim, toujours la faim, est son ennemi au quotidien. Quelques enfants du village et des environs immédiats de la Temesguida ne sont pas mieux lotis. Ils forcent pourtant le destin pour trouver sur ce piton de montagne le génie de l’invention des jeux et des soleils intimes accrochés, l’automne venant, à une maigre mais salvatrice récolte d’olives, l’été cuisant, aux figues mûres, vite mises sur les claies en prévision de l’hiver. Le récit, on aurait dit, est lui-même condamné aux frontières accidentées de cette montagne ancestrale sur laquelle, dit-on, veille, le Saint patron, Si Mohamed Bouchakour, dans sa grotte « Ghar Targou » dans la région des Beni Foughal. Mais le saint n’a rien pu faire devant ces monstres de fer venus un matin défoncer la terre, ouvrir des routes à l’occupant de la plaine. Le jeune Touati pressent le danger mais en ignore les tenants et les aboutissants. Le berger dans l’histoire Graduellement, son monde familier s’effrite. La montagne est secouée de ses contreforts à son sommet. La guerre n’est plus celle du jeune berger affrontant les éléments de la nature, esquivant la faim, luttant avec pathétisme aux rigueurs de sa montagne natale mais ingrate. La guerre, si elle a été un acharnement opiniâtre et séculaire à perpétuer un lien ombilical avec la terre. Le village et ses lendemains incertains, devient une guerre qui donne du sens à cette survivance et se projette hors de l’instinct de survie. Temesguida n’est plus alors pour l’enfant, qui grandit surtout dans sa tête, l’univers reclus prédestiné aux « damnés de la terre » mais une déflagration d’un nouveau monde qui surgit de la volonté des hommes et des femmes qui participent, désormais, à la marche de l’histoire. Aïssa comprend alors qu’il habite les sommets de la résistance à l’occupation coloniale. Pourtant, il ignore tout de la France, de l’Algérie, de l’histoire de ces deux pays, d’autres pays. Il ne va pas à l’école, il porte une gandoura élimé, sans sous vêtement, fait ses besoins où bon lui semble, se frotte l’arrière-train avec des cailloux ou sur l’herbe sauvage. Comment un tel « sauvage » peut-il seulement être à l’écoute des palpitations du monde ? Il n’a jamais vu un « Français » de près. Pourtant, la guerre, celle des armes, va le toucher au cœur même de sa famille. Le frère aîné, Ramdane, un jour, est revenu blessé d’une balle à la cuisse, après plusieurs jours passés cachés dans une grotte, à quelques mètres en dessous d’une crête occupée par les militaires français. Cette nuit-là, quelque chose s’est brisée dans le regard de Aïssa. Ce frère aîné sur lequel tous les espoirs familiaux reposent, espoir de jours meilleurs pour la mère, est devenu un « moudjahid ». Son ami, Ali, devenu le mes’oul de la résistance à Oueld Seddik, tient un nouveau langage, des mots jusque-là étrangers à Temesguida où les rapports de force demeuraient ceux dictés par la survivance aux lois de la nature. Cette fois, il s’agit de solidarité, d’union, de sacrifices, de cotisations, de dons, de caches, d’organisations. Le jour où les premières colonnes de moudjahiddine sont arrivées au village, avec son frère Ramdane accueillis par Ali, Aïssa résiste au sacrifice de ses moutons qui sont sa raison d’être. Le troupeau vaut plus que toute autre guerre. La famille n’aura plus rien à manger. Au nom de quoi et pour quelle cause ? Mais Ali, l’ami d’enfance de son frère et la dignité des hommes qui attendent, épuisés par une longue marche, affamés, que la pâte des galettes lève, souriant et respectueux, subjuguent l’enfant Aïssa voyant sa mère retrouver son énergie devant ces hommes inconnus jusque-là de Temesguida. Mais l’enfant qui grandit bon an mal an n’en démord pas. Son troupeau, sa lutte quotidienne pour la subsistance alimentaire, ses errances de berger intrépide ignorent le cours de l’histoire. Jusqu’au jour funeste où son père décide d’aller se réfugier à Alger où il devient marchand ambulant pour subvenir aux besoins urgents de sa famille restée à Oueld Seddik. Ruines et exodes Le frère aîné est au maquis. Il n’a plus donné signe de vie parmi les katibas de l’ALN qui passent par la montagne. Aïssa a douze ans et ses épaules sont encore trop frêles pour porter le fardeau familial. Il faut alors redoubler d’ingéniosité dans un climat d’insécurité de plus en plus menaçant. Les ratissages de l’armée française ne laissent aucun répit aux paysans qui deviennent des fellaghas potentiels ou réels. Des arrestations, des tueries à vue ; les harkis souillent Temesguida. Mais tout ce que le pré-adolescent Aïssa a vécu jusque-là n’est rien. Il a le cran de mener paître son troupeau sous les avions mouchards qui déversent du ciel des monstres, braver un barrage militaire. Mais, depuis que la guerre a le visage de son frère aîné, il prend conscience de manière implicite qu’il n’a d’autres choix que de se mettre sur les pas de ce frère aîné. Un « nif » familial qui s’élargira en honneur de tout un pays, y compris celui de la France. Car, étrangement, Aïssa n’a jamais entendu Ramdane, son frère aîné, moudjahid, insulter la France ou encore Ali au plus fort de la tragédie. Il parle d’organisation, de stratégies, de sacrifices, de combats, de solidarités dans les rangs. 1957. Temesguida est déclarée zone interdite. Le village est évacué. Bêtes et gens. Aïssa et les siens n’ont même pas le droit au village de cantonnement, au statut de réfugiés. Ils trouvent refuge dans une famille éloignée dans un village limitrophe. Aïssa réussit à retrouver son troupeau, surtout les chèvres plus alertes au danger. Mais, un matin, une épaisse fumée s’élève de Ouled Seddik, bombardée par l’armée. Ruine et désolation. Aïssa, au mépris du danger, revient à Ouled Seddik devenu un amoncellement de cendres. Il y retrouve son âne blessé. Il le soigne en saupoudrant ses blessures de café moulu comme il a vu sa mère soigner ses propres écorchures avec le même produit. Ali, le mes’oul est là, intangible. Il insiste auprès de Aïssa pour que sa famille revienne au village natal pour perpétuer les coutumes ancestrales, ne pas perdre le pieu au mépris du danger. La famille tente un retour mais les cendres et l’écroulement physique et symbolique de la demeure sont plus forts. Le frère aîné Ramdane est loin, peut-être en Tunisie, parmi les cadres de la révolution partis en stage pour mieux lutter contre l’ennemi. C’est alors l’exode, la mort dans l’âme, dans une capitale, Alger, elle aussi, meurtrie, quadrillée par Bigeard. La famille rejoint le père à Belcourt. Aïssa quitte Temesguida, prend le bus pour la première fois, découvre la ville effarouché, troque sa gandoura contre un pantalon, enlève sa chechia rouge. Il a une quinzaine d’années. C’est un adolescent, vif, méthodique au travail, frondeur. Il est embauché comme khammes dans les fermes coloniales à une quarantaine de kilomètres à l’Est de la capitale mais la misère le talonne. A Alger, les bidonvilles indigènes croissent comme des champignons vénéneux. Toute la famille élit domicile à Rivet (Meftah) dans un autre bidonville. Là, Aïssa assiste à des exécutions massives de prisonniers algériens exécutés en public pour le spectacle desquelles on a fait venir la population du bidonville au prétexte d’une distribution de denrées alimentaires. Fait ubuesque, il participe à un match de foot opposant une équipe algérienne dont il est, arborant une tenue aux couleurs du drapeau algérien, à une équipe composée d’appelés du contingent. le match terminé, les joueurs algériens, maquisards ou mes’oul sont arrêtés, torturés ou fusillés. Temesguida et le nouveau monde… Le cessez-le-feu et la liesse de l’indépendance ne terminent pas le récit comme en une apothéose ; car les nouvelles du frère aîné, Ramdane, arrivent ainsi que celles de son ami intime Ali, le mes’oul impénitent de Ouled Seddik. Elles viennent gâcher la fête. ils sont morts en 1960 à la veille de l’indépendance. Vingt ans ne sont pas écoulés que, dans ce bastion de l’épopée du jeune berger et des autres bergers de la résistance armée, un sinistre Bouyali, des premiers maquis du GIA fait couler le sang fratricide à Temesguida et, quelques années de plus, les moines de Tibhirine, enlevés aux pieds de Temesguida sont égorgés dans les maquis de Tablat. Aïssa Touati raconte ces revers de l’histoire sous la plume concise, alerte et fidèle aux réalités jamais tronquées de Régis Guyotat, un ancien journaliste du monde qui a rencontré Aïssa Touati alors émigré en France, à Orléans, lors des cours d’alphabétisation. Depuis, leur amitié scellée a donné naissance à ce témoignage bouleversant, le premier du genre qui n’est ni héroïque, ni polémiste. Un récit nu, poignant, humain. Il est préfacé par le frère de régis, Pierre Guyotat, appelé du contingent, « soldat récalcitrant » qui a connu l’Algérie et donné la main fraternelle pour son indépendance. « Temesguida. une enfance dans la guerre d’Algérie » est édité dans la collection « Témoins » dirigée par l’historien Pierre Nora auteur de «Les Français d’Algérie» qui vient d’être réédité cinquante ans après sa première publication, en 1961, chez le même éditeur, Christian Bourgois.

Rachid Mokhtari

 

LA PLAINE DES BENl-SLIMANE ET SES AB0RDS

 Date d'ajout: Le 01/05/2013 11:00:09 par kall

TROISIÈME PARTIE   

 III. — Les Populations

1° Populations anciennes. — Les populations anciennes du pays, sur lesquelles les détails manquent absolument, nous ont laissé comme témoignage de leur existence un certain nombre de ruines. Quelques unes paraissent d'origine romaine, ou bien elles ont été laissées par des indigènes romanisés. Toutes sont peu importantes d'ailleurs : ce sont surtout des restes de constructions circulaires situées en des lieux élevés,qui devaient être faites de pierres de taille de dimensions moyennes et dont la destination primitive, — tours de garde, tours à signaux ou tombeaux circulaires — reste hypothétique. Des constructions plus parfaites couronnaient une colline aujourd'hui appelée Eççouamaa( الصوامع),  (les autels, ou les colonnes, près du lieu dit Mezzoubia, sur le bord oriental de la plaine. Il y avait là trois constructions en pierres de taille, celle du milieu plus grande, avec gradins, colonnes et corniches. Etaient -ce des tombeaux ou des autels ? Aujourd'hui, comme en bien d'autres endroits, un lieu saint de l'islam a pris la place d'un lieu saint du paganisme. (3)

On a signalé encore des vestiges de postes militaires aux alentours de la région, à côté de Tablat, près de l'Oued Djebsa (Atlas), puis du côté sud, chez les Beni Silem (Tiara,vallée de l'Oued El hammam) se rattachant d'une part  aux forteresses d’El rorz'fa (Cheurfa) et de  Sour Djouab (Rapidi,) dans la montagne au sud de la plaine, et de

(1) La première et deuxième partie ont paru dans les Bulletins de 1900 et 1903 du quatrième trimestre.

(2) Voir: Dossiers du Senatus-Consulte et Berbrug/ger, les étapes militaires de la Grande Kabylie.

(3) Dans une communication adressée à ce sujet, en 1891, au Comité de l'Afrique du Nord, et résumée au Bulletin, j'ai donné un peu plus de détails.

l'autre à Berrouaghia (Tirinadi). Une voie de ceinture traversait la plaine entre Sour Djouab et Berrouaghia. On est donc fondé à penser que le pays des Beni Slimane n'a pas été très occupé par les Romains, surtout la portion montagneuse.

 

2° Les populations actuelles. Origine. — Les indigènes de la plaine des Beni Slimane et de ses abords font partie du groupe connu de leurs voisins sous le nom générique de Beni Slimane, dénomination que l'administration employa jadis également, mais en lui donnant des acceptions variables suivant les époques.

Loin de constituer un groupe homogène, ils sont au contraire le résultat du mélange des sangs arabe et berbère, en proportions variables suivant les lieux, mais avec prédominance générale du dernier. Leur type de physionomie l'indique tout d'abord ; ils sont plus souvent brachycéphales que dolichocéphales; beaucoup ont des faces rondes et larges, avec des traits droits, presque européennes; leur ossature est forte, leurs attaches sans finesse, leur  teint relativement clair, leur cheveux plats, plutôt châtains que noirs, et tirant même parfois sur le blond. Ils se rapprochent en cela des berbères de Médéa; mais la forme souvent carrée du menton les en distingue et leur donne quelque ressemblance avec les Beni-Hassen de Berrouaguïa. C'est seulement chez certaines familles de la plaine qu'on voit apparaître le teint basané, l'arcade sourcillière longue, le nez mince, souvent busqué, le poil frisé, d'un noir franc, et le crâne dolichocéphale de l'arabe.

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La zaouïa de Bou Marouf

                             

LA ZAOUÏA DE BOU MAROUF

 

 

  De la Zaouia de Bou Maârouf : il n'en reste aujourd'hui que quelques murs en ruines.

Bou Marouf : historique bref de la zaouïa

Il est des coins dans notre région qui, depuis la nuit des temps, ont été témoins du passage et de l'établissement de l'homme. Tablat représentait un territoire fertile et bien arrosée pour se nourrir. Les hauteurs difficilement accessibles permettaient à ses habitants de se protéger des dangers qui  les guetteraient. Son micro-climat ni trop froid ni trop chaud aidait les populations successives à s’enraciner davantage.

Par ces caractéristiques ,Ouled Sassi faisait jadis et par excellence le coin où l'on aimait se fixer et d’une manière définitive.C'est l'exemple  de ces nombreuses familles d’autres contrées de la région (ou d’ailleurs) ayant contracté des liens de parenté avec des Sassouis et qui étaient venues y habiter.

Trouvant que ces conditions sont très favorables pour s’établir, Sidi Bou Marouf , homme de foi et quêteur du divin,n’avait pas fait, lui, l’exception :il s’était isolé ici pour se consacrer à ses méditations après de longues pérégrinations.

L’accueil était toujours sobre et courtois dans ce coin si beau et si calme, reflétant l’humilité et la paix .Dans cet ensemble, Bou Marouf, zaouïa de nos ancêtres y était l’espace d’où rayonnait une lumière vive, lumière du Coran et de la Sunna. Elle constituait un endroit privilégié de la spiritualité et de la méditation, mais elle représentait aussi une autorité sociale et juridique.

En outre, elle était le siège de réalités d'une toute autre envergure. En prenant de l'ampleur et de l'épaisseur, elle était devenue également un espace du politique.

Dans ses recherches d’alliances, Cheikh El Mokrani, de son vrai nom Mohand Ait Mokrane (1815-1871 ), avait préparé un formidable soulèvement. Il jeta dans l'insurrection toutes les tribus d'Alger à Collo.

Après avoir couché dans la zaouia de Bou Maârouf,à Tablat,il se rendit aux environs d’Aumale le jour suivant…De passage chez les Arib(Aïn Bessem,El Azizia,Bir Ghabalou),il laissa, chez l’agha de cette tribu, sa suite...

 C'était également à l'ombre de cette zaouïa que se sont jouées certaines destinées de la zone 1 et 2 de la wilaya IV. Très tôt, la colonisation a dû affronter des hommes de cette zaouïa de la confrérie « Rahmania » comme elle l’a fait aussi avec les autres zaouïas éparpillées un peu partout à travers le territoire national.  

 

Zerda et pèlerinage à Bou Marouf

Une tradition très ancêstrale liée à cette zaouïa est la zerda de Bou Marouf. Durant deux jours,cette zaouïa située à proximité de la rive gauche de « Oued Isser » dans le territoire d’Ouled Sassi commune de Tablat célébrait, autrefois, son rituel habituel qu’on appelle communément « zerda ».Des notables, auxquels on accordait le mérite de veiller continuellement à la préservation du mausolée érigé à la mémoire de Bou Marouf, saint vénéré qui fut enterré dans ce lieu de pèlerinage, encadrent le déroulement de la fête. Cette zerda rassemblait ses adeptes et un public nombreux . Toute la nuit qui précède le jour J, sous le rythme du bendir de l’akhouane et des psalmodies à connotation religieuse faisant des louanges du prophète, les visiteurs vivaient des moments de mysticisme.

  La partie qui reste du doukkane sur lequel se tenait l'assemblée.

A une dizaine de mètres du mausolée ,une assemblée se tenait au pied d’un grand olivier trois fois centenaire.Tout autour de cet arbre, un doukkane couvert d’une foutah(nappe) était posé et sur lequel s’asseyaient en rond des hommes pieux, des notables et des talebs pour célébrer ce rituel séculaire,rituel qui se produisait chaque année durant le printemps :il était l’occasion pour solliciter la pluie en cas de sécheresse. Les pèlerins qui venaient naguère de partout trouvaient dans cette grande rencontre un moyen pour apaiser leurs inquiétudes existentielles ou pour se faire traiter pour une pathologie particulière (stérilité, impuissance, ensorcellement, …).Ils demandaient aux membres de l’assemblée citée précédemment,de lever leurs mains au ciel et de prier Allah pour qu’Il exauce leurs vœux.En contre-partie,des cierges porte-bonheur rangés à même le sol, leur sont vendus aux enchères. Le produit de cette vente est remis au Conservateur;il servira à la nourriture des pensionnaires,à payer l’imam-enseignant et à restaurer la zaouïa.

Le jeu de lutte (Avant et après l'indépendance de l'Algérie )

A la fin de cette cérémonie, sur un terrain sablonneux de l’oued et attenant au Marabout, se déroulaient des jeux de lutte ; les vainqueurs sont récompensés par une prime (un cierge).En Algerie,la lutte est un genre de divertissement beaucoup plus des gens de la montagne,plutôt que ceux de la ville.

Tout autour, sur la pelouse, des centaines de spectateurs ont formé le cercle autour des lutteurs.Aux premiers rangs, des enfants et des jeunes gens sont accroupis et parfois ils écopent quelques horions, lorsque l’ardeur de l’action précipite les lutteurs sur le public.Derrière eux, les autres spectateurs, debout, les uns contre les autres, se penchent par-dessus les épaules de leurs voisins pour mieux juger les chances.

Le principe de la lutte est assez simple.Lorsque deux champions se trouvent à peu près de force égales,ils se provoquent,ils cherchent à se saisir,se fatiguent un instant par des feintes attaques et le corps à corps commence.Dès que l’un a touché la terre d’une épaule,il est vaincu.Mais ce ne sont pas seulement des provocations personnelles.Ce sont aussi des provocations des habitants de la rive gauche à ceux de la rive droite de « Oued Isser ».Ainsi, après les premiers assauts qui se font entre sujets de moindre importance, arrivent les champions des douars des deux rives.

Quand un assaut est terminé, de nouveaux champions se présentent.Ils entrent dans la lice et en font le tour à la course, les uns après les autres, en manière de défi.Cette course est d’un genre particulier.Le corps penché en avant, la tête baissée, ils sautent plutôt qu’ils courent, retombant très lourdement sur leurs talons.C’est une sorte de tour de piste où spectateurs et acteurs peuvent préjuger de la force des concurrents. La lutte est souvent très acharnée.Lorsqu’elle se prolonge avec des chances égales, les adversaires s’excitent à tel point que des anciens sont obligés de s’interposer et mettent fin au combat.Ces anciens se sont eux qui règlent les jeux, font cesser le corps à corps, décident du vainqueur dans les cas contestés…

Au terme du jeu, le meilleur lutteur était couronné champion de la confédération de Tablat :il était alors désigné pour participer à la finale de la province d'Alger.Chaque année, à la fin de la moisson,cette finale eut lieu à Sidi M'Hamed Bouqabrine ( Belkourt ).

La clôture de la fête

Les pèlerins qui ne cessaient de déferler toute une journée sur les lieux,avaient droit de prendre collectivement du couscous aux fèves et aux petits pois avant la clôture de la zerda.

Sur le sol ,  6 à 8 personnes assises à la ronde autour de grands plats d’argile s’adonnent à la dégustation du couscous tout chaud arrosé de petit lait (l’ben).Tôt le matin , les habitants, des douars qui formaient la tribu d’Ouled Sassi, ramenaient du petit lait dans des outres(guerbas) ou dans des barattes (chakouas).

 Alors que le couscous, était roulé par les talebs,pensionnaires de la zaouïa, dans des cuisines appropriées quelques jours avant la tenu de la zerda.Mais le jour de la fête, tout le monde participait à la préparation des plats de couscous.

En ce jour de pèlerinage, tout le long du mur du Marabout et près de la porte d'entrée, sont groupés des marchands de gâteaux, de fruits, de rafraîchissements, de pacotilles, où les pèlerins viennent s'approvisionner pour apporter à leur famille quelques friandises, avec la " Baraka " de Sidi Bou Marouf.

La visite s’achève par l’accomplissement collectif de la prière de l’après-midi, manière de signifier aux nombreux pèlerins que le rituel a pris fin tout en donnant rendez-vous pour le printemps prochain.Sitôt les pèlerins commencèrent à se disperser qu’une pluie, accompagnée de tonnerre, se déversait à flots.On savait pertinemment qu’à la fin de chaque zerda, une pluie viendrait courronner les festivités parce qu’on s’y était habitué.

Le sentiment qui régnait à cette époque était empreint d’une grande fraternité entre les gens.

Tablat se distinguait également par la richesse de ses ressources naturelles, sources de la baraka.Il faisait agréablement bon d’y vivre pour la simple raison que dans cette zaouia on dispensait durant toute l’année le Coran et les sciences religieuses dont la lumière se répandait sur toute la région.Quand on y passait tout près, on voyait les toulba qui formaient des cercles et on les entendait lire le Coran à haute voix en balançant les têtes : Toute la région de Tablat était cernée d’anges grâce aux récits des versets du Saint Livre qu’on entendait résonner à la longueur de journée c’est pourquoi notre région était à l’abri du mal (hostilité,rancune, jalousie,haine…) et ses habitants menaient une vie simple , douce et aisée.

La zaouïa de Bou Maârouf,tombée dans l’oubli !

Cette zaouïa qui fut un lieu de culture et qui joua un rôle primordial dans la propagation du savoir et des préceptes de l’Islam a été abandonnée depuis des dizaines d’années. Cependant au cours des années 1978 et 1979,le flux des visiteurs a enregistré une nette régression jusqu’au boycott total au milieu des années 80.

Les raisons du désertement demeurent inconnues jusqu’à nos jours.On a essayé de la revivifier mais les démarches n’ont pas abouti.La décennie noire qu’a connue notre pays a freiné toute volonté et toute initiative visant à la reconstruire. Aujourd’hui, il ne reste de la zaouïa que des ruines et des souvenirs disparates d’un passé relativement somptueux.

   Il s’avère plus que nécessaire à réhabiliter la zaouïa de Bou Marouf, gardienne des traditions anciennes et de la mémoire collective.Il faudra qu’elle retrouve sa forme d’origine pour qu’elle devienne ce qu’elle était.

Comme cette zaouïa est située à 3 km au sud de la ville de Tablat, sa reconstruction pourrait être intéressante à plus d’un titre : sise sur un site d’une beauté séduisante,elle pourrait devenir un foyer principal d’attraction touristique et culturelle.

                                Références bibliographiques : -Confréries religieuses musulmanes Publ. par Octave Depont

                                                                        - Notes chronologiques pour servir à l'histoire de l'occupation française dans la région d'Aumale,

                              1846-1887, par G. Bourjade,... -A. Jourdan (Alger)-1891    

                                                                        -"Lutte arabe" extrait de "Les deux Algerie" Par Georges Viollier,1898

                                                                        - "Marabout de Belkourt", Chérif Zahar , texte adapté

                   Abdelkader Lakhdari ,administrateur du site

 

 

De la Zaouia de Bou Maârouf ne restent que des murs en ruines.

 

 

 

 

Les ruines de cette Zaouia totalement détruite,Zaouia qui se

situe à proximité de Oued Isser

 

 

 

Au second plan , on voit la Zaouia de Bou Maârouf dont il ne reste que le tracé et les ruines de quelques murs.

 

 

Une conception du développement durable à Tablat

UNE CONCEPTION DU DEVELOPPEMENT DURABLE

A TABLAT

Bien que Tablat soit une région qui dispose d’énormes potentialités touristiques, les élus locaux n’ont pas encore cherché à mettre en place une stratégie idoine pour recencer toutes les opportunités , les saisir, les évaluer et prendre une décision pour  faire du tourisme une des priorités à développer dans la daïra.

Rasfa : un site et des paysages féériques à promouvoir.

 

Rasfa , site naturel situé à plus de 900 mètres d’altitude et à une distance de 5 km au nord-est de Tablat, renferme des richesses naturelles exceptionnelles.A Rasfa , les terrains communaux occupent un vaste espace qui s’étend sur des dizaines d’hectares. Du haut d’El Fernane ( Rasfa), on domine un immense territoire de montagnes et de plateaux. On a également une vue grandiose sur la vallée où niche nonchalamment la ville de Tablat.

De loin, le regard est irrésistiblement attiré par des cimes rocailleux qui s’élèvent majestueusement par poignées le long de l’horizon qui va de Rasfa à Taguerboust. Sitôt qu’on arrive au sommet du mont Rasfa, on découvre, avec émerveillement, des espaces verdoyants, des mares dont les eaux sont d’un bleu incroyable.Une multitude de rochers de dimensions variables sont surmontés par de magnifiques bouquets de chênes verts très denses. Incontestablement c’est l’endroit qui a tous les critères pour séduire, charmer et attirer les touristes.                                                              

 

 

Pourquoi ne pas faire alors de cet espace géographique un parc régional ?

 

Ici plus qu’ailleurs, la nature est sur le pas de la porte: le citoyen est plus que jamais avide de grands espaces d'évasion. On devrait penser à faire un plan de réhabilitation et de développement pour ce milieu naturel sis à Rasfa, un plan qui vise à créer un parc de loisirs , de détente et une aire d’activités sportives..

Activités de pleine nature

Ce développement devrait être accompagné de l’implantation d’importants projets :

a-Promenades et pique-nique

Construction d’un petit village de chalets,village qui serait calme, convivial , familial et qui offrirait un cadre agréable pour les promenades, les pique-nique….on tâchera de lui choisir un lieu approprié de façon qu’il ait une vue panoramique sur la ville de Tablat et ses environs.

b-Randonnées pédestres

Création de sentiers de petites randonnées balisées qui jalonnent le territoire de ce parc naturel et où l'on invite le promeneur à découvrir les richesses naturalistes des circuits.

c-Création d’une station VTT 

Une activité originale pour une autre forme de promenade est l’aménagement de pistes qui permettraient aux cyclistes de se promener en toute tranquilité. Tout en déroulant leurs jambes, en suivant les méandres des pistes , le vélo les conduirait sur des kilomètres à la rencontre de paysages paradisiaques ,de belles maisons traditionnelles…

 

Des gens viendraient de partout en famille ou par petits groupes pour passer des journées entières surtout les week-ends. Rasfa serait un refuge d’appoint appréciable pour les estivants notamment les amoureux de la montagne, de la forêt et de l’air pur. Pourquoi ne pas penser aussi à ouvrir une route qui joindrait cet espace naturel à El Majane Lakehal , cet autre bel étang aux eaux profondes et d’un vert inouï : Celui-ci se situe au creux d’une montagne cernée de superbes parois rocheuses où une végétation riche et multiple y pousse en défiant toutes les lois de la nature.Une autre activité de plein air procure cet espace : baignades pour des journées d’été chaudes où l’on pourrait se rafraîchir en famille.Les passionnés de la pêche auraient le plaisir de prendre des poissons dans ce petit lac.

L’essor de l’économie locale, dans un contexte de développement durable.

 

Procéder à l'insertion des produits de terroir dans l'espace des jeunes habitant Khokhda, Rasfa,Tagarboust… Produits à valoriser en encourageant les petits métiers et artisanats qui permettraient aux gens de faire de leur potentiel une activité économique créatrice de richesses.

Une autre perspective de développement durable au profit des populations de cette zone est la viticulture :

La nature du sol, le relief et le climat qu’on y trouve sont autant des facteurs qui favorisent la culture de la vigne.En effet, les terrains en forme de coteaux qui constituent un prolongement du site de Rasfa nous rappellent ceux de Médéa (ils sont identiques : sol argilo-calcaire, terres bien exposées… ),c’est pourquoi qu’ il s’avère plus que nécessaire de faire, de cette partie de la commune de Tablat, un vignoble.

  

La création d'espaces récréatifs et le développement des produits de terroir, dans un site naturel à l’exemple de Rasfa, relèvent d'une démarche qui encourage l'attractivité des zones considérées pour en faire des destinations des familles et d'offrir de nouvelles possibilités susceptibles de générer des recettes à la commune.

           Abdelkader  Lakhdari, administrateur du site

Algerie: Un épisode de l'histoire de Tablat

 

 

      Algerie: Un épisode de l'histoire de Tablat

 

 

     Origines des populations

    Tablat est tout cet immense territoire qui s'étend de Chréa à Zbarbar enjambant monts et rivières. Habité depuis des centaines de siècles à cause des conditions de vie qui y étaient favorables.La présence de forêts denses , de rivières et d' un sol fertile attiraient les hommes à y vivre.L'existence des restes de ruines, dans différents endroits,atteste que les Romains avaient vécu dans ces lieux .Leurs vestiges sont  les témoins d'une civilisation florissante dans cette partie de l'Algerie.La toponymie amazigh des lieux,l'usage du calendrier berbère par la population,les coûtumes et les traditions qui ressemblent en plusieurs points à celles de la Kabylie sont les éléments d'une civilisation amazigh ancestrale dans cette région.L'attachement très fort des tribus ,ayant vécu dans ce territoire ,à l'Islam, depuis son avènement et surtout avec l'arrivée des Cheurfas qui étaient venus y habiter au début du XV siècle, avait poussé la plupart d'entre elles à opter pour la langue arabe,la langue du Coran, dans leur usage.Quelques tribus disséminées dans l'Atlas de la Mitidja et de Blida ont conservé l'usage du berbère, langue maternelle des autochtones("Magtâa Lazrag","Beni Misra", "Aguelmim..).
Après 1830,toutes les tribus de Tablat étaient qualifiées de kabyles par les Français ce qui explique que le tamazight était encore d'usage à cette époque dans l'Atlas de Tablat.

    Troc et échanges

    Au temps de la présence turque en Algerie et bien avant, la population de cette région pratiquait du troc avec les Kabyles de Drâa El Mizan,de Boghni...,troc qui était monnaie courante en ces temps-là. Placés entre les Kabyles de la Sébaou,et les tribus de Médéa,les Tablatis faisaient un commerce d'échange très considérable avec les autres régions:

  De chez eux (des montagnes) ils amènent des bœufs,des mulets,des fruits secs,de l'huile et du savon.Du sud ( hautes plaines) ils tirent les troupeaux et la laine.Les chevaux leur viennent de chez les Arib (habitants de la plaine qui se trouve entre Sidi H'lal et Aïn Bessem).Ils possédaient des chameaux dont ils se servaient, dans leurs relations avec les tribus arabes du sahara.La partie sud de l'outan de Tablat était riche en céréales et la partie montagneuse était couverte de bois.

  Ils se rendaient au marché de Larbâa,tout près de Oued El Djemâa , à Maison Carrée, à Souk El Telata (Palestro) et plusieurs souks se tenaient sur leur territoire(Souk El Had ,El Heuch,Melouan et Sebt El Balout).

       Pélerinage à Sidi M'hamed Ben A.Errahmane (Belcourt) et à Sidi Abderrahmane El Thaâlibi ( Casbah d'Alger)

     Ils effectuaient chaque année,à la fin du printemps et avant la moisson, une ziara (visite) ,en groupes et à pieds,à Sidi M'hamed Ben Aberrahmane (Bouqabrine) et à Sidi Abderrahmane El Thâalibi,une ziara qui durait des jours ...
    Le jour J ,les pèlerins, étendards en tête et tambourin en main, affluent en grand nombre.Ils arrivent à pied et aussi sur toute monture venant de tout chemin.Leur destination est Bridâa,lieu de regoupement situé à 1,5 kms au sud de la ville de Tablat, avant d'entamer le grand voyage à Alger.De l'amont de "Oued Isser",descendent les Ouazani,les Beni Zeghim...de son aval montent les Th'âalba,les Beni Djâad...d'autres groupes parviennent de "Oued Zaghoua"et de "Oued El Malah".A mesure que le convoi avance dans un air de fête,d'autres habitants des machtas dévalent les pentes des monts et viennent s'y joindre.Le soir, avant le coucher du soleil ,les pèlerins atteignent "El Mardja"(Baraki) et c'est là où ils  passent leur nuit.Le lendemain ,tôt le matin,le voyage reprend.L'après-midi,tout le monde est à Alger.Après la ziara,la lutte,les offrandes et les sacrifices,le pèlerinage est suivi d'un grand marché où les échanges (achats et ventes)sont aussi importants que les marabouts vénérés.Enfin et après cet agréable séjour ,les pélerins retournent chez eux avec l'espoir d'y revenir l'année suivante...

     Raisons d'une représentation des pouvoirs publics   

   Ce pays qui se trouvait entre la plaine de la Mitidja au nord et la plaine des Aribs au sud s'appelait l'outan des Beni Khelifa puis "l'Arch  des Beni Sliman"de 1825 à 1849 et il était constitué de plusieurs tribus.Pour gérer les affaires courantes des habitants ,une administration représentant les pouvoirs publics a,toujours,existé dans cet espace géographique. Vu l'immensité du territoire de ce"Arch",les français l'ont fractionné en deux grandes parties: les Beni Slimane ch'raga (Tablat et Mezghenna) et les Beni Slimane Gh'raba (Tourtatine et Baâta) et un khalifa,dont la résidence était à Tourtatine, chapeautait l'ensemble.Après 1830,l'occupant français les a divisés en 11 kaïdats pour pouvoir mater tout soulèvement des populations.

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La superstition, autre façade des coutumes de Tablat

 

 

                          La superstition,autre façade 

                            des coutumes de Tablat

      La superstition est le fait de croire que certains actes,certains objets ont des pouvoirs d'attirer la chance ou la malchance.Chacun (e) de nous connaît ou du moins  a entendu parler de cette croyance non fondée que certains attribuent généralement à la religion.

      Bien que cette coutume semble trop exagérée,elle fait partie de notre patrimoine culturel que l'on veuille ou non! :Dans chaque coin du monde,on peut observer des superstitions différentes qui sont les témoins de son histoire séculaire,de ses traditions et de ses croyances.En effet,la superstition reste un témoin pertinent de l'évolution culturelle dans chaque région et dans chaque pays.

( A noter  que  les superstitions sont ,généralement, reliées à des pierres,aux eaux,aux animaux ,aux insectes,à la nourriture , aux remèdes,aux amulettes et aux talismans...)

      Tablat n'est pas en reste : La putrification châtie l'offense faite à Dieu.Le thème de la nourriture intentionnellement souillée,se retrouve un peu :Dieu châtie les coupables en les transformant en pierres.Ainsi,près de Tablat,dans un convoi ramenant une mariée,un enfant fait ses besoins.Sa mère,n'ayant rien trouvé pour l'essuyer, le torche avec une crêpe.La mère,l'enfant mais aussi ceux qui ne sont pas intervenus,sont transformés en pierres.L'est aussi le reste du convoi..

     Les eaux de hammams  jouissent,également,à en croire la superstition,des vertus fort appréciables sous la baraka du saint (el ouali) quand ces eaux sont sous sa protection!                

                                                                                                  

Mausolée Moulay Ahmed- Aïssaouia (Tablat)                                 

                                                                                                                                                                                                                                              

 

     Autrefois,les gens croyaient ,dur comme fer, que les eaux de Hammam Moulay Ahmed  (Tablat) avaient les vertus de la guérison de la fièvre périodique,la conservation de la fidélité conjugale,la fécondité des femmes stériles...

 

   

   Hammam Moulay Ahmed-Aïssaouia(Tablat)

 

 Ainsi et après s'être baigné et régalé,le visiteur rejoignit le mausolée qui se trouve à une vingtaine de mètres du bassin.Il acheva sa ziara (visite) par attraper le bout d'une longue chaîne fixée au milieu de la coupole qui surmonte le mausolée  :si celle-ci le faisait soulever cela explique que le « ouali » approuva sa ziara et que sa guérison serait proche.Sinon,il devait la refaire jusqu'à ce que ce dernier lui accorde satisfaction .

      *Abdelkader  Lakhdari  ( administrateur du site ) //  kall.e-monsite.com                   

     Vous pouvez voir dans la catégorie " Patrimoine culturel" une liste d'objets,de formes...reliés aux amulettes et talismans et ce qu'ils symbolisent (Bien qu'ils paraissent absurdes,il y a encore des gens qui y croient.)

Tablat: Autres temps , autres moeurs

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                               Tablat :  Autres temps , autres mœurs

           Parmi les traditions qui étaient perpétuées dans la région de Tablat jusqu’à la fin des années soixante se furent ces fêtes de mariage où le cortège nuptial consistait à accompagner la mariée jusqu’à sa nouvelle demeure.Après les rites des fiançailles,on fixa un jour pour aller chercher la mariée du domicile parental.Le jour J, de retour et chemin faisant,les hommes prennent le devant du cortège festif guidé par le père du nouveau mari.Celui-ci tenait en bride un cheval ou un mulet dont la robe était généralement alezane,il fait avancer la bête à pas cadencés en tirant de temps en temps sur les rênes .Sur ce cheval,bien en selle,la mariée était coiffée d’un foulard vert signe de fertilité.Sur ce foulard,dans la partie frontale était fixé un petit miroir de forme ronde : Il était comme une marque de porte-bonheur attirant la prospérité et protégeant la future épouse du mauvais œil. A l’arrière,des femmes parées de leurs plus beaux bijoux et vêtues de leurs plus belles toilettes agrémentent cette procession solennelle par des yous yous mêlés aux tirs de baroud,aux sons de « la ghaïta et du t’bel de s’hab essanâa »,autre ingrédient rendant l’atmosphère de la fête plus gaie et la joie plus intense. 

         

        Dans l’extrait qui va suivre,extrait tiré d’un roman intitulé « Chronique Des Déracinés De La Mitidja » et dont les événements de l’histoire se déroulaient à Tablat après l’occupation française de l’Algerie,Hadjil l’auteur de ce roman dépeint avec une incroyable dextérité le déroulement et la célébration des noces à la tablatienne.Il nous fait plonger dans cette tradition  cérémoniale qui s’était maintenue même  quelques années après l’indépendance de l’Algerie.

             « Tablat ne vit réellement et ne montre ses habitants sous leur vrai visage, que durant les rares jours de fêtes.Ces jours-là,renonçant pour une fois aux champs et aux travaux domestiques,hommes,femmes et enfants ,venant même des collines voisines,se retrouvent tous ensemble pour célébrer l’événement… : On apporte aux hommes dans de grands plateaux en bois le traditionnel couscous que garnissaient de gros morceaux d’agneaux cuits en sauce et soupoudrés de cannelle.

             Le soir,les hommes forment cercle.Les plus proches font des offrandes en guise de cadeaux pour aider à la fête.Les gosses les plus hardis accompagnés par les joueurs de t’bals et de ghaïta s’en donnent à cœur joie.Puis se dégageant du cercle, encouragés par les yous yous des femmes.

           Des hommes parés pour la circonstance de leur plus bel habit le bâton remplaçant le sabre,rivalisent entre eux dans d’interminables danses-duels, où la force des uns n’a d’égal que l’adresse des autres.

          Au moment du henné,certains « meddahs » en véritables chantres et maîtres de cérémonie,par des louanges de certains personnages et certaines familles de la région,font la glorification de leur passé,leur fortune ou le courage de leurs hommes, enchantent l’assistance et déclenchent de stridents yous yous.Les femmes bien qu’invisibles de l’extérieur ne ratent rien de la cérémonie.Et lorsque les chants des meddahs racontent des paraboles qui nécessitent des réponses,certaines femmes, au fait de toute l’histoire du douar  et de ses habitants,n’hésitent pas à répliquer en vraies spécialistes de la rhétorique.Entamée de la sorte,ces rares joutes oratoires atteignent leur summum,à la grande joie de l’assistance,quand les femmes utilisent elles aussi des métaphores et des paraboles dans leurs réponses,et que les hommes,fierté oblige,se doivent à tout prix d’annihiler par des répliques appropriées… »

             

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Tablat se sature...

 

                                              Tablat se sature...

 

La structure actuelle de l'offre de stationnement  qui semble presque  inéxistante  à Tablat a contribué majoritairement à la saturation du centre-ville provoquant ainsi d'importants problèmes de dysfonctionnement qu'il est nécessaire de mettre le doigt sur les principaux maux qui gangrènent le bon fonctionnement de notre cité(accaparement des trottoirs par certains commerçants, stationnement sur les deux côtés de la voie...) et y trouver les remèdes adéquats .Voici quelques propositions susceptibles de résoudre ces problèmes  :

  1) Penser à la création de parkings- relais qui doivent être reliés à un réseau de transport urbain.Ces parkings -relais seraient installés dans la périphérie de la ville ( Baghoua, Beau-froid,Cité des 542 logts, Cité évolutive et le nouveau pôle urbain).

 2) Construction d'une mosquée dans les cités les plus peuplées avec un petit marché couvert , une douche et une boulangerie.

 3) Prévoir aussi la construction d'une gare routière en périphérie.                                                                                                               

La réalisation de ces projets permettrait de désengorger les ruelles du centre-ville et de le libérer de l'occupation intempestive des véhicules qui généraient des nuisances sonores et des fumées polluantes à proximité des habitations et,aux piétons la liberté de se déplacer aisément et sans être embarrassés.

Tous ces dysfonctionnements et ces symptômes de crise devaient normalement inciter les acteurs locaux à réfléchir à une nouvelle stratégie d'aménagement et de développement de la ville de Tablat.Dans un pays ,comme le nôtre, plus ouvert aux échanges internationaux et plus particulièrement aux investissements,l'avenir appartiendrait aux villes les plus attractives et les plus compétitives.

               Abdelkader Lakhdari    (L'administrateur du site) // kall.e-monsite.com

Bon vieux temps : Tablat d'autrefois

 


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                       Au bon vieux temps : Tablat d’autrefois

 

Aussi longtemps que mes souvenirs remontent dans le temps , je me rappelle toujours de ces beaux moments où il faisait très bon de vivre à Tablat : ceci se passait au cours des années 60,70.       

Tablat était une petite ville à l'aspect colonial . A cette époque tout le monde l'appelait "village" mais on lui attribuait le nom d'une grande capitale européenne, à savoir : « Petit Paris » et le choix n’était pas fortuit.En effet,Tablat recelait tous les charmes d’une ville pleine de vie et de santé.Elle était un lieu de bonheur parfait et un lieu de séjour enchanteur .

Le long de la grande avenue qui traversait la ville de bout en bout, on pouvait admirer ces beaux petits jardins de jasmin et de roses multicolores ( sous-préfecture, la casap,l’ex poste ,l’ex dispensaire,le C.E.G, l’église,les ponts et chaussées…)  qui embaumaient l’air avec leur parfum agréable et rafraîchissant.Chaque week-end, il y avait une représentation théâtrale,la projection de films se faisait deux fois par jour et il y avait également « le cinéma Passade » comme on aimait l’appeler  et qui était destiné uniquement pour les écoliers( le cinéma muet ) et il y a eu même une fois l’installation , à la plate-forme, d’un chapiteau de cirque forain .La zerda de « Boumaarouf » qui se tenait une fois par an drainait une foule nombreuse :C’était un spectacle inédit par son ampleur et son contenu,il ravivait petits et grands. On attendait la tenue du marché hebdomadaire(Souk El Had) impatiemment,c’était vraiment un spectacle réjouissant parce qu'on y trouvait tout ce qui nous passait par l'esprit.

 

                                                                                  

 

Souk El Had (Tablat)

                                             Souk El Had, le marhé rural de Tablat d'autan

     Difficile de trouver des qualificatifs appropriés pour décrire l’allégresse qu’on éprouvait à l’égard de cet ensemble de spectacles variés qui caractérisaient l’atmosphère générale de Tablat à cette époque.

 

                 Abdelkader Lakhdari  (L'administrateur du site) // kall.e-monsite.com

L'incivisme

                                                             L'INCIVISME

   Depuis le début des années 90,à Tablat, on assiste à une anarchie sans pareille :Les autorités locales étant absentes,ceci a poussé certains commerçants sans  scrupule à squatter les trottoirs (passage destiné aux piétons) de la rue Abderrahmane BOUHAMIDI,les uns pour étaler leurs marchandises,d'autres ont saisi cette occasion pour faire l'extension de leurs locaux obligeant ainsi des centaines d'écoliers,de collégiens et de lycéens à marcher sur la voie destinée aux véhicules en exposant ainsi leur vie au danger.

   Je souhaite que nos concitoyens sensibles ,aux dangers qui guettent leurs enfants ou leurs frères et soeurs, qu'ils dénoncent cette gabégie à travers les associations dont ils sont membres ou en publiant des articles dans les journaux...et je suis sûr qu'on arrivera à faire un grand changement dans le cadre de vie de nos citadins.

   Le sujet que j'ai abordé est l'un des sujets les plus importants qui ont trait à la vie de nos chers concitoyens.

Je vous laisse le choix alors d'aborder un autre sujet qui vous tient à coeur et qui concerne le quotidien des Tablatis.Je voudrais que nos sujets ne soient pas limités dans un espace réduit mais qu'ils prennent des dimensions  plus larges pour parler du vécu des autres régions de notre cher pays et que ces sujets aient des aspects divers tant sur le plan social,culturel,historique... et j'en passe.

                                                                                                                                                                  K.Zellagui (Administrateur du site)

الصلاة و السلام عليك يا رسول الله

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